Agriculteur utilisant le numérique et la robotique pour gérer son exploitation.

 C’est déjà demain… ou les indicateurs de changement

Demain, les agriculteurs
Feront un clin d’œil au satellite avant de décider du menu engrais et pesticides du jour

  • Depuis 10 ans, Farmstar gère les terrains agricoles par satellite. Les agriculteurs reçoivent les cartes de leurs parcelles avec différentes préconisations. Par exemple, Farmstar détermine la dose totale prévisionnelle d’azote, en fonction du stade de la plante. L’outil satellite mesure la masse végétale à la sortie de l’hiver et l’interprète jusqu’à la fin de la montaison. Plusieurs facteurs sont pris en compte, comme les conditions météorologiques, les techniques de travail du sol, ou encore l’objectif de rendement. Les cartes envoyées ont un code couleur qui permet de connaître la quantité d’azote absorbé. L’agriculteur peut ainsi diminuer les apports (azote notamment) en conservant le même rendement.

Ils auront une liaison captive avec leurs plants.

  • Avec les systèmes N-Sensor et GPN, l’analyse des plants se fait non de l’espace, mais directement au sol : des capteurs optiques, fixés sur les tracteurs, mesurent en temps réel les taux de photosynthèse des plantes, fournissant ainsi des indications sur leur besoin en fertilisation ou traitement.

Ils dépenseront moins pour gagner plus

  •  The Nature Conservancy, l’organisation américaine de protection de l’environnement teste une réduction de la consommation en eau grâce à un système d’irrigation assistée par ordinateur ainsi qu’une récupération de l’eau des champs. En deux ans, ce sont ainsi plus d’un milliard de litres d’eau qui ont été économisés !
  • Pour le maraîchage sous serre ou l’horticulture, des ordinateurs commandent les apports en eau et en éléments fertilisants, à partir de capteurs d’hydrométrie au pied des plantes. Des sondes mesurent aussi l’évolution du diamètre des branches des arbres fruitiers et modulent en fonction l’irrigation au goutte-à-goutte.

Ils téléphoneront à leurs plantes pour vérifier qu’elles sont en bonne santé.

  • Di@gnoplant est une application aide à diagnostiquer les maladies des plantes afin de procéder au traitement curatif. Elle permet de connaître le profil des maladies pour chaque culture concernée. L’utilisateur précise la localisation et la nature des symptômes des plantes malades. Ensuite, il choisit parmi les images celle qui présente les symptômes qui ressemblent le plus à ceux qui ont été observés ; chaque image étant accompagnée d’une légende qui décrit les symptômes observables. Un diagnostic est proposé.

Puis, ils appelleront leurs robots pour qu’ils pratiquent les traitements

robotlaseur

  • Les chercheurs de l’université Leibniz de Hanovre travaillent sur un robot-laser exterminateur de mauvaise herbe. Le robot est équipé d’une caméra connectée à un logiciel capable de reconnaître les contours de chaque plante. Ce système laser peut traiter actuellement environ un mètre carré de culture, mais ils envisagent de le monter sur rails pour désherber des surfaces plus importantes.

Après, ils jetteront un regard sur leur étable et vérifieront que ses bêtes ne leur ont pas envoyé un SMS signalant qu’elles sont en chaleur.

  • Heat Box est un système de détection des chaleurs. Un collier équipé d’un accéléromètre enregistre l’activité des vaches et génisses (marche, mouvements latéraux, chevauchements, mouvements de la tête…) et détermine ainsi si elle est en période de suractivité donc de chaleur. Les données sont transmises par ondes radio à un support central.

 

Descriptif du métier

L’ageekulteur

  • Utilise tous les outils disponibles pour prendre des décisions : relevés par satellites, enregistrements de données par capteurs, modèles référents…
  • Adapte ses traitements du sol en fonction de l’analyse de ces données.
  • Se sert des systèmes d’alerte pour avoir des informations sur la santé de ses bêtes et de ses plantes.
  • Partage ses données avec les autres agriculteurs et contribue à une agriculture plus écologique et économique.

Prospective du métier

Comme tous les secteurs, le monde agricole est en train de saisir du numérique. Le métier d’agriculteur est fortement lié à des informations issues de l’interprétation ou de l’analyse des phénomènes naturels (la météo, l’intensité de sécheresse du sol, le degré de maturité des cultures, l’état des animaux…), ainsi qu’à des données économiques (le cours des denrées alimentaires, les taux de rendement, etc.). Leur informatisation transforme l’activité agricole. Désormais, les modèles agronomiques sont embarqués sur les machines. L’arrivée de GPS précis permet de considérer les parcelles agricoles comme des entités hétérogènes et de moduler les traitements.

Si ces technologies améliorent la qualité du travail, il faudra attendre quelques années pour que tous les agriculteurs deviennent des ageekculteurs. Ces systèmes, s’ils sont prometteurs, restent encore chers par rapport au bénéfice qu’on peut en tirer immédiatement faut par exemple compter 230 000 euros pour une moissonneuse-batteuse qui mesure et cartographie la quantité de grains récoltés en temps réel.