Dronadaire

Dronadaire

Spécialiste de la livraison de colis par drone.

Descriptif du métier

Le dronadaire…

  • Gère le trafic des dronadaires ou drones de livraison : envoi, vérification de l’embarquement d’un colis, livraison.
  • Anime des plateformes de répartition des colis et gestion des demandes des clients.
  • Conçoit des systèmes permettant d’embarquer des objets de différentes tailles et formats.
  • Assure les liens avec l’aviation civile afin d’éviter tous accidents.
  • Cartographie les lieux où l’usage des drones est un vrai atout pour la population. Exemples : apport de médicaments dans des régions éloignées ou sinistrées.

Dans les entreprises, le dronadaire dépend du service logistique.

C’est déjà demain

2980046Amazon travaille sur un service premium de livraison express par mini drones. Les machines, alimentées par des moteurs électriques, livreraient les clients ayant passé commande trente minutes plus tôt sur le site d’Amazon. Ils pourraient évoluer dans un rayon de 16 km autour des entrepôts, ayant ainsi accès à une grande partie de la population en zone urbaine.

 

 

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  • L’entreprise postale UPS a confié au magazine TheVerge qu’elle aussi menait des recherches et des tests pour déployer ce nouveau type de livraison. Un porte parole de la société a déclaré : « L’utilisation commerciale de drones est une technologie intéressante et nous allons continuer à l’étudier. En matière de technologie, UPS investit davantage que tous ses concurrents ».
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  • Le groupe La Poste et Parrot a annoncé une offre de livraison de la presse quotidienne par drone en Auvergne. Le drone développé pour ce service par les équipes de Parrot portera le nom de « Air Drone Postal » en référence à l’histoire de l’aéropostale. Comme l’affaire a été lancée vers le 1Er avril, les doutes sur la véracité de l’information sont nombreux. Mais les poissons d’aujourd’hui peuvent aussi être les banalités de demain.

 

  • Le projet Matternet, issu du Massachussetts Institute of Technology (MIT) et créé par l’ancien rédacteur en chef de la revue high tech Wired, prévoit de livrer des biens de nécessité, comme des médicaments ou de la nourriture, dans les zones inaccessibles, car trop reculées ou ravagées par une catastrophe naturelle. Le projet intègre la mise en place un réseau de stations desquelles décolleraient les drones pilotés de manière autonome.. L’engin permet d’assurer la livraison d’un colis de 2 kg sur 10 km pour seulement 24 cents.

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  • Des étudiants ont développé le « Burrito Bomber », un drone qui livre des burritos. À l’approche de l’adresse de livraison, le tube qui contient le burrito se détache, et atterrit en douceur grâce à un parachute.

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Prospective du métier

Même si nombreux réfléchissent à des usages de drones,

Aux États-Unis, la FAA (l’administration fédérale d’aviation) n’autorise pas l’usage de drones à des fins commerciales. Mais au plus tard 30 septembre 2015 au plus tard, l’espace aérien américain sera ouvert aux drones volants à moins de 130 mètres.

À partir de là, vu les performances de la livraison par drone, il y a des chances que nous soyons obligés d’ouvrir la fenêtre pour que notre pizza vienne se poser sur la table familiale. On aura besoin de bons dronadaires si l’on ne veut pas que notre Margarita fasse le bonheur du voisin.

Origine du mot : le dronadaire est le dromadaire de l’air. Il  aide l’animal à prendre de la hauteur.

Biofilmeur

Biofilmeur

 Réalisateur  de films autofilmés

Descriptif du métier

Les biofilmeurs montent les images prises par les caméras portatives (caméra percing ou clippée sur les vêtements du producteur d’images).

Ils réalisent :

  • Des curriculum vitae. Ils racontent en images les compétences d’un candidat.
  • Des preuves pour un litige (exemple : harcèlement, conflits conjugaux…)
  • Des récits des voyages effectués par le demandeur.
  • Des reportages sur une thématique précise.
  • Des films-mémoires de la vie d’un défunt qui retracent les plus beaux moments.

Ils choisissent les images et créent une production originale.

C’est déjà demain

Dans les pratiques des geeks (férus des nouvelles technologies) on trouve le lifelog  qui désigne le fait d’enregistrer et d’archiver toutes les informations de sa vie. Cela comprend tous les textes, toutes les informations visuelles, tous les fichiers audio, toute l’activité média, ainsi que toutes les données biologiques provenant de capteurs sur le corps.

Steve Mann est un pionnier de l’informatique embarquée par le corps humain. En 1994, il commence enregistrer tout ce qu’il fait au cours de sa vie avec une caméra fixée à son corps et à le diffuser en ligne.  En 1998, il crée une communauté de lifeloggers qui comptera jusque 20.000 membres.
Au début des années 80, Ted Nelson enregistrait toutes ses conversations, des plus banales aux plus importantes.

orange-clip_largeMemento est une caméra d’un centimètre qui se fixe sur les vêtements.  Cet appareil prend des photos à intervalles réguliers et les envoie sur le réseau via le mobile. Heureusement, on veut garder un peu d’intimité, on peut facilement la déconnecter.

Imaginé par la firme japonaise Neurowear, Neurocam  se présente sous la forme d’un casque qui embarque un capteur d’ondes cérébrales EEG et d’un dock pour smartphone. Neurocam détecte les émotions en analysant l’activité électrique  du  cerveau. Dès que cette activité dépasse un seuil critique, Neurocam enregistre automatiquement cinq secondes de l’instant que vous êtes en train de vivre via la caméra du smartphone.

Prospective du métier

Filmer sa vie (ou, du moins, une grosse partie) est un délire qui traîne dans toute les têtes. Certains l’ont fait comme Jonas Mekas l’a fait. De 1970 à 1999, il a filmé avec douceur et brio toutes les scènes quotidiennes de sa vie et a réalisé Moving Ahead. Le spectateur a le sentiment de revivre la vie de Mekas avec lui, ce dernier s’adressant d’ailleurs directement au spectateur lorsqu’il parle. Une véritable relation s’instaure, on irait même jusqu’à le considérer comme un ami.

Aujourd’hui, la miniaturisation des caméras et l’augmentation des capacités de stockage vont permettre à un plus grand nombre d’imiter les précurseurs. Dans ce fleuve en crue de l’image ou de l’information egocentrée partagée, les biofilmeurs peuvent distiller tant un peu de distance que de qualité. Ils seront donc les bienvenus.

 

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Bugteur

Bugteur

Thérapeute d’entreprise spécialisé dans les dégâts commis par les bugs informatiques. 

Descriptif du métier

Le bugteur est un thérapeute du bug informatique.

Lorsque l’un se produit, il dénombre les victimes, identifie les dommages, repère les possibles extensions.

Il soigne les dégâts causés en réfléchissant tant à des solutions techniques (patch réparateur, changement de logiciel…) qu’à des solutions sociales (indemnisations des victimes, compensations…)

Il prévient les crises en :

  • Faisant appel à des hackers pour identifier les failles de ses systèmes.
  • Envisageant des rémunérations donnant envie aux surdoués du code de se pencher sur les systèmes.
  • Etant à l’écoute des collaborateurs et des clients pour réagir immédiatement.

 

Le bugteur a des compétences en :

  •  Informatique : il peut analyser les conséquences d’un bug.
  • Communication : il comprend le fonctionnement des réseaux sociaux et utilise les mécanismes.
  • Finance : il évalue les dégâts et fixe des indemnisations.

 

C’est déjà demain

Les bugs sont de plus en plus nombreux et incontournables. Quelques exemples :

  • Un bug informatique a été à l’origine de la spectaculaire et inattendue baisse du chômage en août 2013. 170 000 chômeurs n’ayant pas reçu de textos leur rappelant d’actualiser leur situation mi-septembre, ils n’ont pas mis à  leur situation et ont donc été rayé des listes. Il a fallu plus d’un mois pour qu’on identifie le problème.
  • En 2009, 15.000 et 20.000 travailleurs indépendants n’ont pas cotisé au RSI (l’équivalent de leur sécurité sociale), pendant deux ans. Le manque à gagner fut de 400 millions d’euros.
  • En novembre 2010, des millions d’Australiens se sont retrouvés sans argent après un bug de la Banque Nationale australienne. Le bug multipliait les erreurs dans les transactions interbancaires, les virements et le versement des salaires.
  • La mise en place précipitée en 2011 du nouveau système informatique a entraîné d’importants dysfonctionnements dans le paiement des soldes notamment dans l’armée de Terre, affectant des dizaines de milliers de militaires. Deux ans plus tard, des bugs subsistent.
  • En avril 2013, un bug sur le système de réservations de la compagnie aérienne American Airlines a cloué au sol tous les avions pendant presque 48 heures.

Prospective du métier

Plus les sociétés s’informatisent, plus nous risquons d’être victimes de bugs. Les logiciels sont des constructions complexes en étant constitués de millions de lignes de code qui interagissent les unes avec les autres. Il est impossible d’assurer que le logiciel fonctionnera dans toutes les conditions de ces interactions.

 

Partant de là, il faut dès aujourd’hui des bogteurs dans toutes les entreprises raisonnables.

 

 

Ludosseur

Ludosseur

 

Professeur utilisant des dispositifs ludiques pour l’acquisition des savoirs. 

C’est déjà demain

L’industrie du jeu vidéo a démarré il y a plus de 35 ans avec la mise sur le marché de la borne Pong en 1972. Aujourd’hui, différentes études mettent en avant l’intérêt du jeu pour l’apprentissage.

  • 040407_videosurg_vmed_1030a.grid-4x2Selon une étude menée en 2004 au centre médical de Beth Israël à New York, « les chirurgiens qui jouent à des jeux vidéos plus de trois heures par semaine commettent 37 % moins d’erreurs dans la salle d’opération que ceux qui ne jouent pas. lls sont 27 fois plus rapides en cœlioscopie, et sont capables de suturer 33 % plus vite ». Espérons juste qu’ils continueront à faire la distinction entre vie virtuelle et réelle !

 

Pour certains, les améliorations sont plus qu’anecdotiques et techniques.

  • L’écrivain Steven Berlin Johnson raconte comment, un jour alors qu’il faisait une partie de Sim City, son fils de sept ans le regarda jouer et lui dit simplement : « peut-être faudrait-il diminuer les impôts dans les zones ouvrières ». L’enfant avait acquis, par simple contact avec le jeu, un savoir économique largement au-dessus de son âge.
  • Pour Johnson, les jeux vidéos forment à l’exploration systématique et à l’élaboration de plans complexes, avec établissement d’un ensemble de priorités, de sous priorités, etc. Le succès de l’apprentissage repose sur la dopamine. Chaque nouveau succès dans un jeu, chaque ennemi tué, trésor déterré, épreuve gagnée fournit une dose de dopamine, molécule dont notre cerveau est particulièrement friand.

 

Ces jeux sérieux se multiplient

  • Le rectorat de Créteil, le laboratoire d’informatique LIP6, l’EIP, Microsoft et l’université de Paris se sont associés pour créer « Donjon et Radon » un jeu de rôle multijoueur (MMORPG) qui va enseigner les sciences aux collégiens. Pour mettre en relation le jeu vidéo et le cours, le professeur aura à disposition un éditeur de donjon permettant de créer des ennemis particuliers qui se rapporteront aux cours. La question : « Comment dissoudre du cuivre ? » deviendra alors « Comment dissoudre un dragon de cuivre ? ».

 

  • Pour aider les élèves en difficulté, Salim Zein, professeur d’histoire-géographie à Alès, utilise un jeu populaire, Little Big Planet. Récompensé à Valenciennes, son projet, Arcadémia, fait apprendre des rudiments de physique et de technologie aux élèves, qui doivent construire des structures viables comme des rampes ou des avions.

 

  • L’ESC, une école de commerce de Chambéry a développé un jeu qu’elle utilise avec tous ses étudiants. Les élèves doivent accueillir des clients virtuels qui interagissent  avec leurs réactions. À la fin de la séquence, l’étudiant peut en revoir le déroulé, valider ou invalider ses choix. Le jeu analyse la démarche de l’étudiant et explique les erreurs.

 

Est-ce que cela marche ?

  • L’académie d’Aix-Marseille a tenté de répondre à la question en menant une expérimentation. En deux ans, 34 établissements et 100 élèves et professeurs ont utilisé l’un des huit jeux sélectionnés pour l’expérience. 86 % des enseignants estiment que ces jeux apportent une plus-value à leur enseignement. 52 % des élèves pensent avoir appris quelque chose.

 

Et si le jeu remplaçait l’éducation traditionnelle.

  • C’est le pari qu’ont pris, à New York, les créateurs d’une école entièrement centrée sur le jeu vidéo. Quest to learn (La Quête de l’apprentissage). éduque 72 enfants de niveau collège par l’intermédiaire de modules ludiques. Outre des modules pour les enseignements traditionnels, il y a en un dédié à la conception de jeux.

 

  • En Écosse, on encourage aussi les élèves à concevoir leurs propres jeux au Consolarium. Dans cette institution étatique, les enfants de six ans utilisent les consoles nintendo pour apprendre le savoir-vivre. Ils doivent par exemple trouver un œuf, l’aider à éclore, et surveiller que le petit animal se développe bien.

 

  • Au MIT de Boston, dans le laboratoire Game Lab, les professeurs et les élèves essayent de mettre au point le jeu sérieux du futur. Ils travaillent notamment sur A « Slower Speed of Light », qui explique la théorie de la relativité, et qui permet de l’expérimenter concrètement.

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Descriptif du métier

Le ludosseur doit :

  • Repérer les jeux qui favorisent l’apprentissage des différents savoirs.
  • Tester et les adapter aux différents besoins des élèves.
  • Concevoir des jeux adaptés à des besoins spécifiques.
  •  Mettre en place des procédures d’évaluation et d’amélioration de ces dispositifs ludiques.
  • Convaincre les parents de l’intérêt de la démarche et diminuer leurs résistances.

 

Prospective du métier

j84a8966_-_version_2Jeux sérieux, cet oxymore entre dans les classes en faisant référence aux jeux vidéos à visée pédagogique.

Si les ludosseurs ont de ce fait un vrai avenir, ils ont du travail pour faire intégrer le jeu comme un moyen d’apprentissage performant. Dans la tradition scolaire française, le jeu est opposé à l’effort et c’est l’effort qui est valorisé.

 

Et il vrai que tout peut paraître simple dans un environnement vidéo ludique, puisqu’il suffit d’appuyer sur des touches pour accomplir des tâches qui dans la vie réelle sont coûteuses en énergie : en un clic je construis un immeuble, en appuyant sur une seule touche mon avatar peut nager des heures durant…

 

Des chercheurs comme Gozalo Frasca pensent que le jeu n’est pas synonyme de facilité. Au contraire, un bon jeu doit contraindre l’utilisateur. Il doit fournir un effort pour atteindre les objectifs.

 

Pour Gilles Brougère, l’autre frein est l’introduction du jeu  en classe peut-être vue comme un accroissement de la liberté et la prise de décisions concédées aux apprenants. Certains professeurs ne savent pas comment appréhender cela et peuvent craindre de se faire déborder…

 

Le développement des dispositifs ludique est un choix sociétal. L’enseignement suppose qu’il sait exactement ce qu’est une élite. De ce fait, il ne laisse pas de place à la surprise, l’imprévu et le hors cadre. Le jeu facilite l’apprentissage de tous ceux qui n’entrent pas dans le schéma traditionnel.

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