HéroTicage

HéroTicage

Acquisition de super pouvoirs grâce à des implants technologiques.

Synonyme : endaptation ou le versant technologique de l’exaptation http://fr.wikipedia.org/wiki/Exaptation  (@OlivierAuber)

Aujourd’hui, l’homme se débat avec ses capacités plus ou moins limitées. Demain, des implants l’aideront à se prendre pour un héros.

— Grâce à un implant cochléaire, les murs auront ses oreilles. Les voisins n’auront plus de secret pour lui.
— Avec des yeux bioniques, il verra dans le noir et  zoomera sur un détail d’un paysage lointain.
— Des puces l’aideront à télécharger les compétences nécessaires pour accomplir un travail.
— En secouant la tête, il visualisera n’importe quel instant de vie. Le passé ne sera plus jamais dépassé.
— Une seconde de concentration suffira pour contrôler des machines avec son esprit ou visualiser une page Wikipédia.

C’est déjà demain

Cette acquisition de pouvoirs sans dans la tuyauterie des chercheurs

  • Des implants cochléaires permettent à des sourds d’entendre. Ce matériel permet aussi de capter des fréquences inaudibles à l’oreille humaine ou des ondes acoustiques lointaines.
  • Des chercheurs de l’université de Californie ont mis au point des lentilles de contact qui peuvent zoomer. Une prothèse rétinienne pourra faire la même chose.
  • DARPA ou Defense Advanced Research Projects Agency (agence américaine pour les projets de recherche avancée dans le domaine de la défense) expérimente des implants au cerveau qui aideront les soldats qui souffrent de lésions cérébrales traumatiques. L’idée est de les aider à récupérer des souvenirs.
  • Des chercheurs utilisent un capteur neuronal pour contrôler un bras robotisé. A l’avenir, on pourra contrôler à distance des robots, des ordinateurs et plus. On pourra aussi surfer sur le Web par la pensée. Il suffira de penser à un arbre pour avoir des résultats. Un clignement d’œil remplacera nos clics.

Une idée désirable

Oui
Qui n’a pas rêvé d’être dans la peau d’un héros et faire tout ce que le commun des mortels ne peut pas faire. Au lieu de galérer avec une mémoire sélective, une audition et une vision défaillantes à augmenter par des prothèses archaïques et l’obligation de se gaver de connaissances, on acquerrait une souplesse neuronale qui aiderait à braver l’impossible.

Non
Le bonheur et le bien-vivre ne tiennent pas à des performances, mais plus à une vision de la vie. Ces prothèses continueront juste l’infernale spirale qui nous oblige à nous consoler en consommant toujours plus. L’aspiration vers un mieux machinal va supprimer toute la douceur qui fait la vie.

ImplanTicien

ImplanTicien

Thérapeute-technicien spécialiste des implants technologiques humains.

Descriptif du métier

L’implanTicien
— propose au patient l’implant qui va l’aider à mieux gérer sa pathologie ou à améliorer ses performances.
— vérifie le bon fonctionnement de l’implant.
— met en place des dispositifs permettant de réagir immédiatement lors d’un dysfonctionnement dû à un bug, un piratage, à des interférences d’ondes ou autre.
— aide le patient à gérer les données issues de ces dispositifs numériques.

C’est déjà demain

homme_bioniqueDepuis quelques années, on assiste au développement des implants TIC ou artifices technologiques (abritant le plus souvent une puce en silicone) destinés à être implantés dans le corps humain pour effectuer différentes missions.
On trouve aujourd’hui

  • les stimulateurs cardiaques
  • les prothèses auditives (entre autres les implants cochléaires et les implants auditifs du tronc cérébral)
  • les pompes d’administration de médicaments pour des patients atteints de sclérose en plaques ou de diabète
.
  • les technologies de neurostimulation qui agissent sur l’activité électrique des nerfs et peuvent concerner la moelle épinière, le nerf sacré ou le nerf vague selon la pathologie
  • les technologies de stimulation cérébrale profonde, en cas de maladie de Parkinson ou de tremblements essentielsAux implants existants vont s’ajouter dans les prochaines années
  • les membres commandées par microprocesseur.
  • des implants rétiniens pour redonner la vue aux aveugles,
  • des implants bioniques pour permettre aux amputés de retrouver le sens du toucher,
  • des implants pour réguler l’appétit ou gérer la dépessions.
  • des biocapteurs permettant d’effectuer un contrôle médical (pression sanguine, taux de glucose, activité cérébrale en cas de Parkinson ou d’épilepsie, détection de cellules cancéreuses, etc.).
  • des dispositifs permettant d’améliorer les capacités fonctionnelles humaines comme le sens ou la mémoire. La Darpa  (Defense Advanced Research Projects Agency) va dans ce sens avec le projet RAM (Restoring Active Memory), L’idée est d’intégrer une puce dans le cerveau qui augmenterait notre capacité de mémorisation.

    Prospective du métier

Avec l’explosion des implants dans les dix prochaines années, les implanticiens vont vite devenir incontournables. Pour effectuer ce métier, il faudra avoir une formation médicale et technique.  Il est donc urgent de développer ces filières de formation. Si ces professionnels ne sont pas opérationnels, on va au devant de graves difficultés. On risque des épidémies de dysfonctionnements technologiques.

Datacorpeur

Datacorpeur

Spécialiste de l’exploitation des données corporelles.

Le datacorpseur

  • Identifie toutes les données corporelles qui fournissent des données exploitables : le poids, le sommeil, l’activité physique, le rythme cardiaque, la tension artérielle, la glycémie, le stress, les calories consommées, la température du corps, les émotions, l’activité du cerveau…
  • Conçoit des dispositifs (capteurs, appareils de mesure…) permettant d’enregistrer ces diverses données personnelles et de les stocker.
  • Lutte contre la sédentarité en proposant des solutions pratiques pour évaluer son niveau d’activité physique.
  • Crée et gère des applications permettant aux individus d’apprendre à mieux se connaître et de gérer leur santé en lien avec des professionnels ou une communauté d’usagers.
  • Analyse l’ensemble de ces données et crée des croisements pour forger des programmes collectifs d’amélioration de la santé.

C’est déjà demain

Les outils de mesure sont nombreux.

Des chercheurs planchent sur le sujet.

  • Le groupe de recherche John Rogers a mis au point le tatouage électronique temporaire : ce capteur biométrique capable de mesurer l’activité cardiaque, musculaire ou cérébrale puise son énergie via la radiation électromagnétique.
  • Le Butterfleye Project (présentation) mis au point par Hind Hobeika part d’un constat : aucun outil ne permet à ce jour d’envoyer un retour sur ses performances biologiques au nageur. Pourtant, comme dans bien des sports, il est essentiel d’avoir un rythme cardiaque régulier. Elle a imaginé un dispositif qui se fixe aux lunettes et qui indique par une petite lumière d’ambiance au-dessus du regard, si le rythme cardiaque est adapté à la performance (rouge : le rythme cardiaque est trop élevé ; vert : il est adapté ; jaune : vous pouvez accélérer).
  • Jakob EG Larsen  a développé un scanner de cerveau pour smartphone en connectant, via une application dédiée, un casque Emotiv à un téléphone mobile (présentation). Avec son dispositif, on va pouvoir mesurer l’activité électrique du cerveau en situation réelle, quand on fait ses courses ou en réunion… On va donc avoir de nouvelles informations sur le fonctionnement du cerveau.

 

Les applications qui utilisent ces données sont de plus en plus diverses et nombreuses.

  • L’application « Subasta de Kilometros » traduit les distances parcourues en monnaie et incite ainsi à participer à des compétitions permettant de gagner des lots.
  • The Burn The Miles permet aux personnes utilisant l’avion régulièrement d’être récompensées lorsqu’ils brûlent plus de calories que de kilomètres parcourus en avion.
  •  Fitocracy est un réseau social qui mesure votre forme. Les participants ont des objectifs à atteindre et on compare les progrès avec ceux des autres membres
  • Sleepbot Tracker mesure la qualité des nuits et calcule le nombre d’heures de sommeil dont une personne a besoin.
  • Brûle-t-on plus de calories à Montpellier qu’à Strasbourg ? Le projet My Santémobileva apporter des éléments pour répondre à cette question. 1000 volontaires sélectionnés dans 4 villes (Bordeaux, Lille, Lyon et Montpellier) vont porter pendant t 6 mois un appareil électronique connecté (Fitbit Zip) qui mesurera quotidiennement leur activité physique (nombre de pas, distance parcourue et calories brûlées).

Prospective du métier

Wired_Italia_3Le « quantified self » ou la quantification des données personnelles est un concept créé par Gary Wolf et Kevin Kelly, deux journalistes de Wired. Leur idée fut d’utiliser la technologie pour collecter des données sur toutes ses activités et les analyser pour y trouver des corrélations permettant de mieux gérer sa santé.

L’idée a fait son chemin. Depuis, des milliers de chercheurs, développeurs s’activent pour créer des produits et services grand public. On est donc en droit d’imaginer que demain on pourra mieux gérer sa santé individuelle en s’appuyant tant sur une communauté que sur des nouvelles données. Ces informations feront peut-être apparaître les subtils mécanismes qui font qu’on reprend du poids après un régime ou ceux qui contribuent à ces pertes de mémoire qui nous agacent.

En cas de maladie, ils pourront nous être d’une aide appréciable. Ils pourraient permettre aux bipolaires de mesurer leur montée en pic, aux malades du cancer de surveiller les marqueurs ou aux diabétiques de mettre en corrélation leur taux d’insuline avec leur activité quotidienne.

Au niveau collectif, on pourra envisager de nouveaux programmes en mettant par exemple en relation la qualité de sommeil des habitants d’un quartier avec leurs pratiques alimentaires et activités physiques.

Si les perspectives sont nombreuses, la difficulté reste que la quantification de soi est avant tout un geste intime et peu stable, qui ne s’installe pas dans la durée. La pratique s’avère pour l’instant ponctuelle. Elle s’apparente à un diagnostic. L’évaluation effectuée, elle n’a plus de sens.

Enfin des vêtements capteur ou des tatouages électroniques permettront sans doute d’oublier qu’on est en train d’enregistrer ses données. Les mentalités vont aussi évoluer comme l’ont fait avec la géolocalisation. Il y a quelques années, on ne supportait pas l’idée que la technologie permette de nous pister. Aujourd’hui, tout le monde l’est et plus personne ne s’en inquiète.

 

Corcepteur

Corcepteur

Concepteur d’organes de remplacement

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Descriptif du métier

Grâce aux progrès des bio-tissus, de la robotique et des plastiques, créer des organes et des membres de remplacement va devenir monnaie courante. Le corpcepteur effectue ce changement de pièce d’humain.

Le corcepteur

  • Numérise le corps du demandeur.
  • Choisit du matériel et mode de production de l’organe de remplacement.
  • Concôit des pièces en effectuant des modélisations biomécaniques ou des incubations moléculaires.
  • Programme l’orgaprimante ou imprimante d’organe.
  • Teste la qualité du produit et sa compatibilité avec l’ADN du demandeur.
  • Echange avec les chirurgiens chargés de l’implantation.
  • Surveille l’arrivée de nouvelles techniques de conception corporelle.

Synonymes :
Organitechteur,

C’est déjà demain

Faire pousser des organes de remplacement
Une oreille, un doigt, un rein et même de la peau peuvent être créés à partir de cellules souches. Des organes qui peuvent être greffés et sauver des vies. Un laboratoire américain a réussi à faire pousser 22 organes.

Imprimer des organes

  • Paul Calvert, du département Matériaux et Textiles de l’université du Massachusetts (Etats-Unis), explique que plusieurs équipes dans le monde, y compris la sienne, s’activent à la mise au point d’imprimantes à « jet de cellules »
  • Le chercheur japonais Makoto Nakamura, a découvert que les gouttes d’encre bombardées sur du papier par une imprimante à jet d’encre avaient à peu près les mêmes dimensions que des cellules, et que l’impression d’une photo en millions de couleurs n’était pas moins compliquée. D’où l’idée de reproduire sur des milliers de couches superposées le motif cellulaire d’un organe.
  • Une équipe londonienne cherche à imprimer des cellules cérébrales pour remplacer des zones endommagées du cerveau. Il lui faut encore réduire la taille des gouttes de cellules vivantes à quelques micromètres.
  • Une équipe de l’Université d’Heriot-Way en Ecosse a chargé des cellules souches à la place de l’encre d’une imprimante 3D et en utilisant une valve, ils ont déposé des cellules vivantes de manière à former un motif spécifique. Chaque gouttelette ne contenait que 5 cellules ou moins. Pour produire un amas de cellules, l’équipe a donc d’abord déposé des cellules puis les a recouvertes d’une bio-encre sans cellule. Les cellules se sont alors regroupées à l’intérieur de cette mini-sphère.
  • Des chercheurs de l’université de Cornell ont créé une oreille avec uneimprimante et d’une injection de cellules vivantes. L’objectif est d’imprimer des oreilles destinées aux nouveaux-nés ayant hérité d’une malformation à ce niveau.

Des os en rotin

  • Maurillo Marcacci  et son équipe de chercheurs travaillent sur une méthode pouvant créer des os artificiels en rotin. Le rotin est poreux comme l’os humain. Des petits trous laissent passer les nerfs et le sang. Il faut à peine 10 jours pour transformer le bois de rotin en os et quelques mois à peine pour que l’os réel et artificiel fusionnent. Le matériau est biocompatible et offre de très bonnes qualités biomécaniques.

Prospective du métier

Même si les recherches ne sont qu’à leurs balbutiements, le potentiel des imprimantes 3D est important en matière médicale.
Quand les recherches vont passer du stade expérimental au développement d’application, le métier de corcepteur s’imposera. d’autant plus facilement que la création d’organes artificiels va  résoudre le délicat problème des greffes. On aura des organes à réimplanter dès qu’on aura besoin et on  évitera le problème des rejets. Il suffira de prendre des cellules d’un donneur, de les faire se multiplier dans une culture avant de les mélanger à une espèce d’encre pour recréer un implant bien vivant.

Génomicien

Génomicien

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Éthicien qui anticipe les dérives liées au décryptage du génome.

Descriptif du métier

Le génomicien est un spécialiste des problématiques de santé ayant des compétences juridiques et sociologiques.

Santé

  • Il cadre les modifications génétiques. Exemples : inactivité des gènes responsables de maladies ou du vieillissement, ajout de gènes « protecteurs » contre le cancer par exemple.
  • Lors de l’analyse du génome du fœtus, il dresse la liste des dysfonctionnements génétiques qui peuvent entraîner un avortement.
  • Il préconise des systèmes de surveillance pour les patients ayant des prédispositions génétiques pour l’une ou l’autre maladie.
  • Il favorise la mise en réseau des génomes et l’émergence d’une médecine citoyenne permettant aux personnes atteintes de maladies génétiques tant d’échanger des quantités d’informations avec leurs pairs que de témoigner de leurs expériences avec tel ou tel médicament.
  • Il réfléchit en partenariat avec divers professionnels à des moyens de diminuer le stress et l’anxiété liés à l’analyse du génome.

Société

  • Employeur, banquier, assureur ? Il dresse la liste de ceux qui ont accès au génome d’un individu et ceux qui n’ont pas le droit de le demander.
  • Il vérifie qu’on ne marginalise pas et ne pénalise pas les porteurs de certains gènes.
  • Il examine par les faits et gestes des compagnies d’assurance afin qu’elles ne pénalisent pas des clients en ayant accès à ces informations. Il repère celles qui surtaxent les clients qui portent des gènes indiquant qui vont développer une maladie incurable.
  • Il encadre la transmission du génome dans une même famille et canalise ainsi les conflits.
  • Il définit les modalités pour assurer la sécurité de ces données.

C’est déjà demain

2000, le biologiste Craig Venter et le consortium scientifique international du Human Genome Project annoncent en même temps avoir décrypté les 6 milliards de lettres qui composent le génome humain. En 2004, on a la première publication d’un génome humain. Les travaux ont coûté 3 milliards de dollars et duré plus de dix ans.

Huit ans plus tard, le coût du séquençage d’un génome humain a considérablement diminué et il sera d’environ 1000 dollars dans deux ou trois ans. L’opération se fera en moins de 24 heures. Un dispositif pas plus gros qu’une clef USB permettra de lire la séquence d’ADN de n’importe qui en quinze minutes !

Comme la recherche sur les liens entre certaines maladies et les gènes fait de grands pas, on va pouvoir savoir si l’on a des prédispositions à développer — entre autres — un cancer ou une maladie d’Alzheimer.

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) s’est déclaré favorable à des tests génétiques fœtaux pour le dépistage de la trisomie 21. Ces analyses de l’ADN fœtal permettent de réduire fortement le recours aux examens telles les amniocentèses, potentiellement à risque pour le fœtus. Au-delà de la trisomie 21, cet avis ouvre la porte au diagnostic génétique du fœtus.

Prospective du métier

Le décryptage du génome pour tous va sans aucun doute révolutionner la médecine. Comme après l’analyse, on va passer aux modifications génétiques, ce saut quantique mérite d’être sérieusement préparé et encadré.

L’affaire pose aussi de nombreuses questions sociétales. Que se passera-t-il si de telles informations tombaient entre les mains de compagnies d’assurance, d’employeurs ou de futurs conjoints ? Va-t-on exiger des bébés garantis anti-cancer ?

Il est donc urgent de former des génomiciens qui vont aider la société à bien réfléchir à ces diverses problématiques et à prendre des bonnes décisions.