Supprimer les ampoules à filament et par extension toute pratique anti-écologique.

Quand la mode des diodes électroluminescentes a battu son plein, s’éclairer avec des ampoules traditionnelles est devenu le summum du politiquement incorrect.Dans les dîners en ville, le monde se divisait entre les branchés qui avaient désampoulé, c’est-à-dire abandonné l’ampoule à filament et ceux qui n’avaient pas encore franchi le pas.

Le débat se passait, bien entendu, sur fond écologique. On (ou plus précisément les enverdeurs) accusait ceux qui n’avaient pas désampoulé de  tuer la planète.

Les débats furent si virulents que désampouler signifia par extension supprimer toute pratique anti-écologique.



Les bonnes vieilles ampoules sont sérieusement menacées. La première phase du plan de retrait des ampoules à incandescence est lancée. À partir d’aujourd’hui, on ne devrait théoriquement plus trouver en magasin d’ampoules à incandescence d’une puissance supérieure ou égale à 100 W.Que les nostalgiques d’un passé dépassé se rassurent, il leur restera toujours celles qu’on pourra attraper en bêchant dans le champ de la technologie pour faire pousser des produits vraiment utiles.

Allumer le papier peint

Avec les LED, les diodes électroluminescentes, on nous promet des bouleversements. En particulier depuis que le japonais Nichia a réussi à leur faire émettre une lumière blanche. Aujourd’hui, on peut trouver des ampoules à douille constituées de quelques dizaines de LED. Mais avec leur lumière très directionnelle, elles ne sont pas encore adaptées à un usage domestique.

 

Papiers peints lumineux de Jonas Samson.

 

En revanche, l’éclairage automobile l’a adopté : Renault ou VW l’utilisent massivement pour les feux arrières. Audi et Lexus comptent l’implanter dès cette année sur leurs véhicules haut de gamme. Les diodes se sont aussi glissées dans les produits électroniques (flashs, téléphones mobiles, lampes à dynamo, rétroéclairage d’écrans…) et font un tabac dans l’éclairage public, depuis les feux tricolores de Grenoble à l’éclairage nocturne de Buckingham Palace. Leurs atouts résident dans une consommation faible, une longévité exceptionnelle, et une souplesse d’usage qui fait fourmiller la créativité.Un collectif d’artistes, le Graffiti Research Lab rénove ainsi l’art urbain en plaquant dans les rues, sur les structures métalliques, ses « LED throwies » (des diodes montées sur un aimant). Au Japon, des LED éclairent les végétaux durant leur transport, leur assurant une meilleure conservation. La nouvelle génération de LED, les Oled, diodes électroluminescentes organiques, débarque. Composées d’atomes de matériaux organiques (comme le carbone), elles sont destinées à fabriquer des écrans souples et fins comme des films.