Les mots sont nos briques. Les briques de nos phrases,. Les briques de nos rêves. Les briques de notre fantaisie. Les briques de notre espérance.

Dans La Fabrique des mots », Eric Orsonna affirme que les mots sont des briques. Le Dico du futur part aussi de ce principe. Il considère que si ces briques sont mal dessinées, de mauvaise qualité, la pensée en pâtit. De ce fait, la pratique qui consiste à affubler de néologismes franglais bas de gamme tous les objets et services se traduit par une dégradation de notre réflexion.

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Chaque sonnette nous indique l’arrivée d’un mot anglais. À nous de trouver son équivalent dans notre langue.

Si je vous recommande la lecture de ce conte pour enfants de 7 à 107 ans, je regrette juste que les contrebandiers de la langue d’Eric Orsonna se contentent de traduire des mots. Leur action est plus velléitaire qu’efficace. L’adoption du mot étant un processus démocratique, leur création viendra rarement prendre la place du bricolage étranger.

Naviguer entre le désirable et le possible. Sans possible, le désirable n’est que rêve. Sans désirable, le possible n’est qu’ennui. François Jacob

Pour revenir au Dico du futur, j’ajoute cette citation du grand scientifique. En travaillant sur les métiers de demain, l’idée est d’ajouter du désirable dans la morosité ambiante dans le secteur de l’emploi. Un désirable qui prend tout son sens en étant lié à des innovations et recherches en cours d’expérimentation ou prêtes à sortir des cartons des chercheurs.

Au menu du jour, deux métiers génomicien et wikipédieur liés à des évolutions technologiques et sociétales.

2004, le premier génome humain est décrypté. L’affaire a coûté plusieurs dizaines de milliards de dollars et a duré dix ans. 2014, on prévoit qu’en une vingtaine de minutes, on pourra avoir son génome pour 1000 dollars.   La popularisation de ce décryptage va avoir des conséquences bénéfiques pour notre santé. Les personnes porteuses de gènes indiquant qu’elles vont développer certaines maladies seront mieux suivies. On pourra anticiper et avoir des traitements personnalisés. Mais, ces informations peuvent aussi être exploitées à des fins mercantiles. Si des assurances ou des banquiers s’en emparent, ils pourraient s’aventurer à refuser d’assurer ou faire payer des personnes porteuses du gène indiquant qu’il est susceptible de développer une maladie incurable. Le génomicien ou éthicien qui anticipe les dérives liées au décryptage du génome doit venir aider à développer une réflexion sur le sujet.

Pendant des années, on a glosé sur l’absence de fiabilité de Wikipédia, avant d’admettre de l’efficacité de cette construction collective. Ce principe a permis aussi d’élaborer des logiciels performants avec des développeurs travaillant aux quatre coins du monde. Dans cette logique « open source », des ingénieurs réalisent une voiture, des appareils agricoles, des meubles… Vu la performance de cette manière agile de produire, on peut espérer que demain on aura des wikipédieurs ou spécialistes du développement et de la gestion des projets open source.

Je termine cette lettre avec une invitation à organiser des ateliers-formation pour inventer les mots de demain de votre secteur d’activité. Le principe est simple. À partir d’une présentation d’innovations, les participants réfléchissent et imaginent les métiers qui vont exister dans un avenir plus ou moins proche. Vous pouvez proposer ce moment ludique, informatif et créatif à vos cadres en séminaires, vos étudiants ou encore vos responsables ressources humaines. Les productions des participants sont intégrées dans une nouvelle version du dico qui bien entendu est distribuée aux contributeurs.

Futureusement vôtre !

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LES ATELIERS DE CONSTRUCTION