Au menu du jour

  • Attention, n’écrivez pas Barbie Manga, votre ordinateur pourrait exploser et vos réflexions dériver.
  • Tout nouveau, tout chaud, la plaquette de présentation du projet « Inventer le futur » et une invitation à une Stammtisch.

Se déposséder est-il un moyen de s’enrichir ?


Usbek

Vendredi dernier, j’ai commencé à cogner sur mon clavier pour transformer des agacements en phrases. Comme j’avais été titillée par un amorphisme gouvernemental, j’étais en train d’affubler une ministre du sobriquet de « Barbie Manga » quand l’écran de mon Mac book Air se mit à avoir des agitations browniennes puis se calma en adoptant une coloration en bleue claire uniforme. Même si cette couleur nous manque cruellement en ce moment, je compris rapidement que dans le domaine informatique, c’était un signe de très mauvais temps. En effet, le disque dur venait de rendre l’âme.

Est-ce qu’il y a aujourd’hui, ou aura demain, des mots politiquement incorrects qui feront exploser les machines ?

Cette idée me faisant frissonner, je l’ai fait fuir avec une constatation issue de mon aventure. Si hier j’aurais été effondrée par la perte de données, aujourd’hui il n’en était rien. Mes données numériques étant stockées automatiquement dans les nuages, je perdais juste du temps à négocier le remplacement immédiat avec les vendeurs de la Fnac. Si je ne peux qu’apprécier cette prouesse technologique, elle a aussi ses limites.

Imaginons que demain Barack Obama estime que François Hollande lui a fait un croche-patte et qu’il ait envie de se venger. Il pourrait ordonner la fermeture des robinets des différents nuages numériques (le fameux cloud). On n’aurait alors plus accès à nos écrits, nos musiques, nos photos, nos réseaux sociaux dont nombreux sont enregistrées dans des serveurs situés aux États-Unis. La polémotik (de polemos : guerre en grec) nous priverait de tout ce qui semblait nous appartenir.

Dans la logique, je me suis demandée si après une période sous le signe de la dématérialisation, on n’entre pas dans l’ère de la dépossession. Outre la non-possession des biens virtuels, on possède de moins en moins son vélo, sa voiture, sa machine à laver, son appartement qu’on loue, partage. Le vrai progrès du numérique ne serait-il pas de commencer à nous libérer du joug de la propriété ? Une libération bien entendu à réfléchir, car elle peut facilement devenir un nouvel esclavage.

NB : Sur le sujet, je vous invite à découvrir un article du dernier numéro de l’excellent Usebk et Rica. Et si vous ne connaissez pas, cela vous donnera l’occasion de découvrir ce magazine qui réfléchit le futur avec intelligence et subtilité.

On se rencontre ?

Après avoir brouté dans des champs nuageux, j’en reviens à mes moutons. Depuis quinze jours, j’ai juste le métier d’aliminustrateur ou gestionnaire des nanoparticules présentes dans les aliments à vous mettre sous la dent. En revanche, je vous invite à découvrir, commenter, critiquer la plaquette de présentation du projet : Inventer les métiers de demain. www.metiersdedemain.com

Si cela vous dit d’échanger sur le sujet, je vous propose un Stammtisch (ou plus prosaïquement un échange dans un bistrot). On sera 2, 10 ou plus, qu’importe ! L’idée est d’instaurer des moments de rencontre réguliers et informels autour du projet.

Pour ce premier Stammtisch métiers de demain, je vous propose le lundi 1er juillet à 12h30 au café le Père Tranquille, rue Pierre Lascaux. (Quand vous sortez du métro les Halles par l’escalier mécanique à côté de la Fnac, c’est juste sur la droite.) Je serais au premier et j’aurais sur la table un exemplaire du Dico des métiers.

Futureusement votre

Anne-Caroline Paucot