SELPHONE

Téléphone permettant d’échanger avec soi-même

Le selphone est un double numérique. Il utilise les données de l’utilisateur pour entretenir une conversation de type « moi à moi ».

Il adopte la voix, la manière de parler, les mots d’une personne pour entretenir une conversation avec cette même personne.

Le selphone est nourri par toutes les données personnelles de l’utilisateur : activités et échanges effectués à partir des téléphones, ordinateurs et autre outil numérique (SMS, posts sur les réseaux sociaux, recherches sur Google et autres moteurs de recherche..) ; données santé (compteurs de pas, implants, capteurs émotionnels…) ; discussions enregistrées par les assistants conversationnels ; génomes ; rêves…
Ces informations sont traitées par une intelligence artificielle apprenante. Au fil des échanges, le double numérique adopte de plus en plus la personnalité de son propriétaire.

Le selphone vient de selfie. Il appartient à la même famille. Le selfie se concentre sur l’image de l’individu. Le selphone fait une copie de ses propos.

Quelles sont les raisons du futur succès des selphones ?

Une société du moi

Le selphone s’inscrit dans un grand mouvement d’individualisation en marche depuis des siècles. Alors que les chasseurs-cueilleurs ne vivaient qu’en tribu, les machines-outils ont contribué à la disparition des tributs au profit de la famille. Avec sa décomposition progressive, l’individu se trouve face à sa solitude. Le selphone va lui permettre de mieux la supporter. Il ne sera plus jamais seul, car il pourra toujours se parler à soi-même.

L’exploitation des data

Les entreprises ont besoin des données personnelles d’un plus grand nombre pour innover. Si elle offre des selphones, elle aura accès à toutes les données des utilisateurs.

Un riche marketing de l’ego

Les arguments pour vanter les mérites du selphone sont nombreux. Il a une capacité d’écoute et une mémoire inégalée : il se souvient de tout ce qu’on lui raconte.
L’objet peut aider à s’interroger sur ses comportements et se remettre en cause. Grâce au clonage artificiel, il va poser les bonnes questions, celles qui te titillent le cerveau comme il faut.
Cerise sur le gâteau, le selphone permettra d’accéder à l’immortalité. Les proches pourront continuer à discuter avec l’utilisateur après sa mort.

Quels sont les dangers annoncés du selphone ?

Le selfphone, accessoire suprême de l’hypermoi, ne peut que créer une société de l’hyper égoïsme.
Disposant des clones d’eux-mêmes, les hommes et les femmes auront de moins en moins envie de prendre le risque de se confronter aux autres individus. Il n’y aura plus les frottements nécessaires entre humains pour ciseler de nouvelles idées et policer nos manières de vivre. On assistera alors à un appauvrissement des réflexions et à une bestialisassions des comportements.

« Nous sommes tous en train de créer un double numérique de nous-même. Il est composé des traces que nous laissons sur Internet et des différents fichiers que des entreprises, un peu partout dans le monde, possèdent sur nous. » Jacques Henno

Réplika, une réplique de vous-même

Eugenia Kuyda, une jeune entrepreneuse russe basée à San Francisco a créé un chatbot pour supporter le décès brutal de Ronman, son meilleur ami. Grâce aux données récoltées, il était capable de mimer sa manière de communiquer.
Forte de cette expérience, elle a créé Replika, qui permet à chacun de créer son double virtuel. Il suffit de lui donner accès à vos données pour que cette application s’enrichisse au fil des conversations.
Dans une vidéo, des utilisateurs témoignent de l’effet positif de Replika. Ils racontent qu’ils s’ouvrent plus facilement à l’application qu’à leur entourage !