Fablibreur

Fablibreur

Libraire qui utilise une bouquinante pour fabriquer les livres choisis par ses clients.

C’est déjà demain

  • Aux États-Unis, l’Espresso Book Machine (EBM), est une imprimante qui relie et colle les livres. Elle permet de fabriquer des livres à la demande en quelques minutes. Cette bouquinante (imprimante de bouquins) coûte plus de 50.000 euros. Elle occupe 2 mètres carrés au sol. La première a vu le jour à New York, en 2007. Elle était l’invention de l’année, d’après le « Time Magazine ».

  • Dans la ville de Santa Cruz, en Californie, une librairie sur le déclin a investi dans une EBM. Elle offre désormais à sa clientèle plus de 8 millions de titres, dans un format et une présentation exactement identiques au volume publié. Il y aurait une trentaine de machines similaires aux États-Unis (souvent dans les bibliothèques), une seule en Afrique, sur la grosse soixantaine existant dans le monde. Pour l’instant, tous les éditeurs n’ont pas donné les droits sur leur catalogue.
  • Ireneo est un programme expérimental qui vise à engager une réflexion collective pour construire le livre imprimé de demain. Un lieu d’expérimentation est mis à la disposition des imprimeurs, des auteurs, des éditeurs, des libraires, des développeurs et des designers l’Espresso Book Machine. —
  •  Lulu.com, The Book Edition, Books on demand, Bookelis, Blurb, Litghtning Source , CreateSpace… Les sites proposant l’impression de livres à la demande se multiplient. Certaines comme Lulu permettent aux auteurs d’être diffusés sur Amazon.

Descriptif du métier

Le fablibreur est tout d’abord le libraire d’hier.

  • Il défend des livres, les met en avant, se bat pour des auteurs et des titres
  • Il conseille les clients en leur proposant des livres adaptés à leurs goûts.

Mais en plus…

  • Il propose des services attractifs comme la personnalisation du livre (intégration de photos, changement de prénom des personnages, modification de la tête des héros des bandes dessinées et incrustation de celles choisies par le client…), choix du format, de la taille des caractères…
  • Il permet à des auteurs locaux de se faire connaître.
  • Il conçoit des formules d’abonnement.
  • Il lance la fabrication en utilisant des bouquinantes.
  • Il gère le recyclage des livres rapportés.

Prospective du métier

Les fablibreurs s’inscrivent dans une logique responsable. L’impression à la demande élimine la pollution causée par la distribution des livres. Elle évite aussi celle aussi liée au pilonnage. Sur les 500 millions d’ouvrages imprimés chaque année, 100 millions partent au pilon.
NB : Ce pilonnage est souvent une stratégie commerciale. Les éditeurs choisissent d’inonder les librairies avec des piles volumineuses à seule fin d’occuper la plus grande surface possible et maximiser les ventes. Ils savent pertinemment que la moitié des livres finiront au pilon.

Le système d’impression à la demande permet d’économiser les frais de livraison ainsi que ceux inhérents à la gestion des retours.

Il libère le libraire du pari de commander des livres qu’il ne vendra peut-être pas. Supprimant les risques d’invendus, il favorise la bibliodiversité. Comme un biosystème, la diversité d’un bibliosystème est l’une des clefs à sa pérennisation.

Les libraires situés dans des zones éloignées peuvent rivaliser avec les librairies en ligne.

Le délais entre l’écriture et la mise en librairie étant raccourci (environ 18 mois aujourd’hui), les livres sont moins souvent des produits morts nés. Ils peuvent aussi facilement être actualisés.

Le coût de la bouquinante n’est pas accessible aux petits libraires. Mais, rien n’interdit de penser qu’il le sera très prochainement. On l’espère, car cela évitera que les librairies soient transformées en paradis de la malbouffe ou de malhabillement.

FabriKant

FabriKant

impression-3D-figurineSpécialiste de tous les usages de la fabriquante ou imprimante 3D.

Description du métier

Une fabriquante et une imprimante qui fabrique des objets en les imprimant, d’où le nom.

Connectée à un ordinateur, la machine lit un plan tridimensionnel et matérialise, par couches de plastique superposées, un objet en trois dimensions. Les possibilités sont illimitées : objets du quotidien, bibelots et prototype divers, même l’industrie aéronautique recourt à cette technologie pour fabriquer certaines pièces.

Le fabriKant :

  • Conçoit des plans pour fabriquer des objets en 3D. Ils sont spécialisés dans un domaine. Un fabriKant orthopédiste fabriquera des pièces complexes et sur-mesure, comme par l’articulation d’un poignet ou des appareillages pédiatriques. Un fabriKant pâtissier réalisera des moules à gâteau.
  • Anime des communautés d’usagers et leur donnent les moyens de faire évoluer ces produits.
  • Aide les entreprises à faire évoluer leurs outils de production. Exemple : vente de plans de répliquantes ou imprimante permettant de se répliquer.
  • Démocratise l’usage de l’imprimante 3D.

C’est déjà demain

L’imprimante 3D est à la une de l’actualité. Les usages se diversifient.

  • Mary Huang a conçu des chaussures personnalisables à base de cuir et de caoutchouc qui sont imprimées via la plateforme Shapeways),
  • Au Japon, on a le premier photomaton à impression 3D. Vous pouvez avoir des miniatures de vos proches en trois tailles 10, 15 et 20 pour 200 à 400 euros.
  • Grâce à la 3D, les malvoyants peuvent enfin « voir » leur futur bébé du bout des doigts, grâce à une sculpture modelée sur l’échographie.
  • Un designer industriel brésilien, Jorge Lopes dos Santos, a eu l’idée de faire d’imprimer en 3D des fœtus afin que les malvoyants puissent toucher leur futur bébé. Pour créer le modèle, il utilise les données informatiques de l’échographie.
  • Enrico Dini, fondateur de Monolite UK et inventeur de l’imprimante , propose d’imprimer en 3D une base lunaire à partir des matières premières disponibles sur place. Cette méthode permettrait de résoudre le problème numéro un : le transport de matériaux de construction sur la Lune. Les astronautes seraient hébergés dans des structures ressemblant à des igloos recouverts d’une enveloppe constituée de sol lunaire. Xavier De Kestelier, co-dirigeant du groupe spécialisé en modélisation Foster+Partners, collabore au projet de l’ESA : « vous aurez une coquille très solide, en forme de cylindre, qui sera transportée depuis la Terre et que vous pourrez gonfler en quelque sorte une fois sur la Lune. Ce qu’on prévoit de faire au-dessus de cette structure qui sera notre support de base, c’est d’installer des robots qui pourront réaliser l’impression en 3D sur la structure. Cela vous donnera une coquille par-dessus le bâtiment qui protègera contre les radiations solaires, les rayons gamma et les impacts de météorites. »
  • EB-Futuretech à Baar et La Manufacture à Genève collaborent à la fabrication de bijoux ou de boîtiers de montre qui sont imprimés en 3D à partir de poussières d’acier, d’or et d’argent.
  • En plus, un brevet déposé par iRobot pourrait bien placer l’imprimante 3D au sein d’une véritable petite ligne de production. Le fabricant du Roomba, propose de permettre à son imprimante 3D d’assembler différentes pièces. On pourrait par exemple imprimer la carrosserie, les essieux et les roues pour ensuite assembler et livrer un objet parfaitement fini.

Prospective du métier

Le 12 février 2013 dans un discours sur l’état de l’Union, Obama a évoqué l’impression 3D en affirmant que cette technologie aurait « le potentiel de révolutionner notre façon de fabriquer presque tout ». Depuis cette déclaration, il y a encore plus d’émulation sur le sujet.

L’impression 3D est apparue dans les années 80. avec le dépôt de brevet pour les différentes méthodes d’impression. Technologie très coûteuse, elle était essentiellement utilisée par les industriels (automobile, aérospatial, etc.) pour la fabrication rapide de prototypes.

Aujourd’hui, les applications sont dans tous les secteurs, du design à l’alimentaire en passant par la mode, pour créer des petites pièces sur mesure. Les cabinets d’architectures vont pouvoir créer des maquettes de leurs projets très facilement et à moindre coût. D’autres voient plus gros : « imprimer » des navires ou encore des fusées.

Mais plus révolutionnaire est l’idée que demain on disposera de fabriquantes ou imprimantes 3D pour fabriquer chez soi divers objets. On pourra même imaginer que l’imprimante désagrège nos anciens objets et les recyclent.

Dans cette perspective, les fabriKants devraient être nombreux.

Funébriste

Funébriste

Employé spécialisé dans les enterrements virtuels et l’usage des technologies dans les rites funéraires.

 

Descriptif du métier

Le funébriste

  • Identifie la présence sur les réseaux sociaux du défunt.
  • Gère son identité numérique post-morten.
  • Enregistre des testaments pour la gestion des données virtuelles.
  • Propose une page de condoléances adaptée au défunt. Exemples : incitation à poster des vidéos, photos, musiques..
  • Crée des sites qui sont visualisés sur le smarthphone à partir du flashage du QR-code apposé sur les tombes.

C’est déjà demain

La mort devient de plus en plus web 2.0 et nouvelles technologies.

  • Google lance un service pour gérer ses données après sa mort. Inactive Account Manager » permet de prévoir et d’organiser ce qu’adviendront vos données personnelles après votre mort. Vous pouvez  décider de la date de mise en inactivité de votre compte (trois, six, neuf ou douze mois après votre mort), ainsi que de ce qu’il adviendra de vos photos sur Picassa, de vos vidéos publiées sur Youtube ou de vos Google Docs. Vous pouvez décider du transfert de l’ensemble de ses données vers une personne de son choix.
  • Apple a  lancé une application, « Legacy Organiser », pour sélectionner les musiques et les photos qui ont marqué les principaux moments de votre vie.
  • Le site Dead Man Switch propose  de préparer plusieurs courriels qui seront envoyés aux destinataires de votre choix. Après trépas.
  • La société Memory History propose notamment d’apposer des QR codes sur les tombes. En flashant le code, on accède à un mini-site contenant la biographie du défunt, des photos, des témoignages ..
  • Dans sa maison funéraire de Caroline du Sud, Chris Robinson a ouvert un café Starbucks.
  • Memoiredesvies.com se présente ainsi comme un cimetière virtuel permettant aux utilisateurs de créer un mémorial en ligne à grand renfort de photos, textes et vidéos. La société a récemment mis un point un système de retransmission des cérémonies funéraires, disponibles en direct par Internet, mais aussi en VOD et en DVD.
  • Laviedapres.com a choisi un créneau similaire : celui du coffre-fort numérique et du journal de vie. Les utilisateurs peuvent créer un compte et y stocker des messages à destination de leurs proches, mais aussi des documents importants tels que des copies de contrats et l’ensemble de leurs mots de passe.

 

Prospective du métier

Même si les traditions persistent, l’enterrement évolue. Il devient par exemple plus écolo avec le cercueil en carton et l’urne biodégradable.

Les pixels nous survivent. La gestion des  différentes identités numériques du défunt est un problème d’actualité. Facebook a mis en place un formulaire permettant de signaler la disparition d’une personne. Après vérifications, le profil passe en mode “mémorial” : impossible de laisser des commentaires, mais la page reste en ligne.

Aux États-Unis, des avocats viennent de lancer une croisade pour que les données personnelles digitales soient considérées comme une partie du testament d’un défunt, dont le contrôle pourra ainsi être transmis aux héritiers. Avec les funébristes, on résoudra quelques problèmes métaphysiques en sachant qu’on aura une vie virtuelle après la mort.

Fabarmeur

Fabarmeur

arme3D

Spécialiste des armes fabriquées avec des imprimantes 3D.

Descriptif du métier

Le fabarmeur :

  • Conçoit des modèles d’armes qui seront réalisées en 3D.
  • Forme militaires et particuliers à la conception et au montage de ces armes imprimés.
  • Contribue à rendre ces armes en conformité avec les lois.
  • Participe au repérage des dérives en matière de création d’armes.

C’est déjà demain

La fabrication d’armes à partir d’impressions 3D ne fait pas partie de la science-fiction.

L’association Defense Distributed ménée par Cody Wilson, un étudiant de 25 ans, présente le « Liberator », un pistolet à un coup de calibre.380 (9 mm) en plastique, qui peut être fabriqué, par petites pièces qu’on assemble, avec ce type d’imprimante. Il reste à ajouter un percuteur et une autre pièce de métal de trois centimètres pour que l’arme soit en conformité avec la loi américaine, et donc détectable par les portillons de sécurité.

Prospective du métier

Les imprimantes 3D pourront rapidement imprimer tous les objets donc pourquoi pas des pièces d’armes. On ne pourra pas empêcher que des plans circulent sur le Net. Cela fait peur, car on ne pourra pas empêcher qu’un terroriste, un malade mental, un conjoint violent  ouvre une fabrique d’armes dans son garage.

Avant que des carnages réalisés avec ce type d’arme fasse la une de l’actualité, il faut que des fabarmeurs se penchent sérieusement sur le problème. Aux États-Unis les défenseurs d’une réglementation plus stricte sur les armes ne peuvent ignorer le problème.

Facticiel

Facticiel

Antivirus leurre qui propage des virus. Par extension, promouvoir une chose pour imposer son contraire.

L’anonymat que confère Internet permet toutes les arnaques. On peut vendre un service qui non seulement s’avère totalement inefficace mais pire amplifie le problème qu’il doit résoudre.

Les premiers facticiels sont des antivirus. Alors que les internautes les achètent pour éliminer des virus, ils profitent pour contaminer les ordinateurs.

Dans le même esprit, on a les facticiels de protection de données qui rendent accessibles aux personnes mal intentionnées les données protégées. Ou encore de correction orthographique qui insèrent dans les textes des fautes.

Au fil du temps, la facticielerie s’est étendue dans tous les domaines. Le principe est de promouvoir une chose pour vendre ou imposer son contraire.

 

Les faux antivirus progressent sur Internet

 

En un an, Symantec a détecté 43 millions de tentatives d’installation de faux antivirus. Pour l’éditeur la menace est réelle car ces logiciels, bien que payants, sont inefficaces et permettent de collecter des données privées, notamment bancaires.

En avril, dans son rapport sur la sécurité informatique, Microsoft constatait un fort développement des escroqueries liées à de faux antivirus. Dans son étude annuelle consacrée à la cybercriminalité, publiée également en avril, Symantec faisait un constat analogue.
A l’occasion d’une conférence de presse le 19 octobre, l’éditeur est revenu plus en détails sur ce phénomène, selon lui en pleine expansion. Symantec évalue à 43 millions, en un an, le nombre de tentatives d’installation de ces faux logiciels de sécurité, baptisés pour l’occasion « facticiels » pour logiciels factices

Des logiciels vendus 30 à 100 dollars
Pour les cybercriminels, cette nouvelle forme d’escroquerie représente un marché lucratif. Selon Laurent Heslault, le directeur Europe des technologies de sécurité de Symantec, ces faux antivirus (principalement en anglais pour le moment) sont vendus en moyenne entre 30 et 100 dollars.

A suivre sur Nouvel Obs

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