Voiture dont la carrosserie se colorie en fonction des émotions

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Finies les voitures monochromes, désormais elles se colorient en fonction de données spécifiques au conducteur ou à l’ensemble des personnes embarquées.

La première donnée est l’état émotif. La carrosserie devient rouge si le chauffeur est en colère, verte si la rage le mine, noire si des pensées sinistres l’habitent, jaune quand son partenaire l’a abandonné pour un autre, blanche lorsque son humeur est virginale et qu’il prêt à toutes les rencontres, bariolé lorsque qu’il est habité par des émotions paradoxales.

Dans les premiers modèles le chauffeur indiquait son humeur, aujourd’hui des capteurs situés sur le volant enregistrent la thermie émotive du corps. La généralisation des automoticons a généré la création de baromètres émotifs des automobilistes. Lors de bouchons nécessitant plusieurs heures de patience, on constate, photos aériennes à l’appui, qu’ils passent de la colère (couleur rouge) à la rage (couleur verte) avant de passer à la résignation (couleurs pastel).

Des chercheurs étudient une liaison entre le rapeltou (voir page ) et l’automoticon. En fonction des humeurs, les carrosseries afficheraient des séquences filmées de la vie du conducteur. Les scientifiques précisent que les épisodes un peu chauds seraient bien entendu filtrés afin que les automoticons ne troublent l’ordre public.

  • C’est déjà demain

Comme les mots manquent toujours aux émotions, cela laisse un espace que la technologie aurait tort de se priver d’occuper. Dans les laboratoires du futur,  les chercheurs développent l’informatique émotionnelle dans quatre axes :

 

  • 1/ Reconnaître l’expression d’un être humain pour que l’objet « comprenne » les variations de son état émotionnel.

 

  • 2/ Produire une expression sous forme visuelle, vocale rendant le service plus agréable ou plus simple (par exemple, sourire d’un robot ou un personne virtuel)

 

  • 3/ Reconnaître et exprimer des émotions en retour.  Des personnages virtuels prennent en compte une expression de leur interlocuteur qu’ils soulignent par une gestuelle.
  • 4/ Instaurer un dialogue avec son interlocuteur pour lui répondre de façon pertinente et naturelle.

• Avec le projet européen eSense, des capteurs intégrés dans des systèmes de communication sans-fil permettent d’identifier l’émotion et de la transmettre. Ces détecteurs vont capturer plusieurs paramètres physiologiques concernant l’individu comme sa température, sa fréquence cardiaque ou l’activité de ses glandes sudoripares. Ces informations sont analysées par un serveur et traduites en émotion.

NICE Systems est un logiciel qui analyse le contenu et la tonalité de l’émotion des voix (intonations, variation du volume, du rythme…). L’objectif est dans un centre d’appel de faire remonter les conversations qui posent problème.

eMoto, un projet de l’université de Stockholm et du laboratoire d’interaction de l’Institut suédois d’informatique, est un système de messagerie mobile qui ajoute au texte des SMS des couleurs, formes et animations censées exprimer les formes non verbales de communication. L’idée est d’intégrer des expériences émotionnelles dans la communication SMS : le bleu traduit l’ennui, le rouge, l’excitation…

Au Media Lab du MIT, Rosalind Picard étudie depuis une dizaine d’années ce qu’elle nomme “l’informatique affective”, c’est à dire l’interaction entre la technologie numérique et les sentiments.

Est-ce idée désirable ?

  • Oui

Si les carrosseries des objets roulants s’animent, nos routes auront plus d’humour. Elles raconteront des histoires de vie et donneront peut-être envie aux chauffeurs de moins produire des histoires de mort.

  • Non

L’étalage des émotions des conducteurs risque de faire monter d’un cran l’adrénaline sociétale. On risque de rapidement sombrer dans une « auto-cratie » despotique.

A vous de juger