Réalisateur  de films autofilmés

Descriptif du métier

Les biofilmeurs montent les images prises par les caméras portatives (caméra percing ou clippée sur les vêtements du producteur d’images).

Ils réalisent :

  • Des curriculum vitae. Ils racontent en images les compétences d’un candidat.
  • Des preuves pour un litige (exemple : harcèlement, conflits conjugaux…)
  • Des récits des voyages effectués par le demandeur.
  • Des reportages sur une thématique précise.
  • Des films-mémoires de la vie d’un défunt qui retracent les plus beaux moments.

Ils choisissent les images et créent une production originale.

C’est déjà demain

Dans les pratiques des geeks (férus des nouvelles technologies) on trouve le lifelog  qui désigne le fait d’enregistrer et d’archiver toutes les informations de sa vie. Cela comprend tous les textes, toutes les informations visuelles, tous les fichiers audio, toute l’activité média, ainsi que toutes les données biologiques provenant de capteurs sur le corps.

Steve Mann est un pionnier de l’informatique embarquée par le corps humain. En 1994, il commence enregistrer tout ce qu’il fait au cours de sa vie avec une caméra fixée à son corps et à le diffuser en ligne.  En 1998, il crée une communauté de lifeloggers qui comptera jusque 20.000 membres.
Au début des années 80, Ted Nelson enregistrait toutes ses conversations, des plus banales aux plus importantes.

orange-clip_largeMemento est une caméra d’un centimètre qui se fixe sur les vêtements.  Cet appareil prend des photos à intervalles réguliers et les envoie sur le réseau via le mobile. Heureusement, on veut garder un peu d’intimité, on peut facilement la déconnecter.

Imaginé par la firme japonaise Neurowear, Neurocam  se présente sous la forme d’un casque qui embarque un capteur d’ondes cérébrales EEG et d’un dock pour smartphone. Neurocam détecte les émotions en analysant l’activité électrique  du  cerveau. Dès que cette activité dépasse un seuil critique, Neurocam enregistre automatiquement cinq secondes de l’instant que vous êtes en train de vivre via la caméra du smartphone.

Prospective du métier

Filmer sa vie (ou, du moins, une grosse partie) est un délire qui traîne dans toute les têtes. Certains l’ont fait comme Jonas Mekas l’a fait. De 1970 à 1999, il a filmé avec douceur et brio toutes les scènes quotidiennes de sa vie et a réalisé Moving Ahead. Le spectateur a le sentiment de revivre la vie de Mekas avec lui, ce dernier s’adressant d’ailleurs directement au spectateur lorsqu’il parle. Une véritable relation s’instaure, on irait même jusqu’à le considérer comme un ami.

Aujourd’hui, la miniaturisation des caméras et l’augmentation des capacités de stockage vont permettre à un plus grand nombre d’imiter les précurseurs. Dans ce fleuve en crue de l’image ou de l’information egocentrée partagée, les biofilmeurs peuvent distiller tant un peu de distance que de qualité. Ils seront donc les bienvenus.

 

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