Spécialiste de l’exploitation des données corporelles.

Le datacorpseur

  • Identifie toutes les données corporelles qui fournissent des données exploitables : le poids, le sommeil, l’activité physique, le rythme cardiaque, la tension artérielle, la glycémie, le stress, les calories consommées, la température du corps, les émotions, l’activité du cerveau…
  • Conçoit des dispositifs (capteurs, appareils de mesure…) permettant d’enregistrer ces diverses données personnelles et de les stocker.
  • Lutte contre la sédentarité en proposant des solutions pratiques pour évaluer son niveau d’activité physique.
  • Crée et gère des applications permettant aux individus d’apprendre à mieux se connaître et de gérer leur santé en lien avec des professionnels ou une communauté d’usagers.
  • Analyse l’ensemble de ces données et crée des croisements pour forger des programmes collectifs d’amélioration de la santé.

C’est déjà demain

Les outils de mesure sont nombreux.

Des chercheurs planchent sur le sujet.

  • Le groupe de recherche John Rogers a mis au point le tatouage électronique temporaire : ce capteur biométrique capable de mesurer l’activité cardiaque, musculaire ou cérébrale puise son énergie via la radiation électromagnétique.
  • Le Butterfleye Project (présentation) mis au point par Hind Hobeika part d’un constat : aucun outil ne permet à ce jour d’envoyer un retour sur ses performances biologiques au nageur. Pourtant, comme dans bien des sports, il est essentiel d’avoir un rythme cardiaque régulier. Elle a imaginé un dispositif qui se fixe aux lunettes et qui indique par une petite lumière d’ambiance au-dessus du regard, si le rythme cardiaque est adapté à la performance (rouge : le rythme cardiaque est trop élevé ; vert : il est adapté ; jaune : vous pouvez accélérer).
  • Jakob EG Larsen  a développé un scanner de cerveau pour smartphone en connectant, via une application dédiée, un casque Emotiv à un téléphone mobile (présentation). Avec son dispositif, on va pouvoir mesurer l’activité électrique du cerveau en situation réelle, quand on fait ses courses ou en réunion… On va donc avoir de nouvelles informations sur le fonctionnement du cerveau.

 

Les applications qui utilisent ces données sont de plus en plus diverses et nombreuses.

  • L’application « Subasta de Kilometros » traduit les distances parcourues en monnaie et incite ainsi à participer à des compétitions permettant de gagner des lots.
  • The Burn The Miles permet aux personnes utilisant l’avion régulièrement d’être récompensées lorsqu’ils brûlent plus de calories que de kilomètres parcourus en avion.
  •  Fitocracy est un réseau social qui mesure votre forme. Les participants ont des objectifs à atteindre et on compare les progrès avec ceux des autres membres
  • Sleepbot Tracker mesure la qualité des nuits et calcule le nombre d’heures de sommeil dont une personne a besoin.
  • Brûle-t-on plus de calories à Montpellier qu’à Strasbourg ? Le projet My Santémobileva apporter des éléments pour répondre à cette question. 1000 volontaires sélectionnés dans 4 villes (Bordeaux, Lille, Lyon et Montpellier) vont porter pendant t 6 mois un appareil électronique connecté (Fitbit Zip) qui mesurera quotidiennement leur activité physique (nombre de pas, distance parcourue et calories brûlées).

Prospective du métier

Wired_Italia_3Le « quantified self » ou la quantification des données personnelles est un concept créé par Gary Wolf et Kevin Kelly, deux journalistes de Wired. Leur idée fut d’utiliser la technologie pour collecter des données sur toutes ses activités et les analyser pour y trouver des corrélations permettant de mieux gérer sa santé.

L’idée a fait son chemin. Depuis, des milliers de chercheurs, développeurs s’activent pour créer des produits et services grand public. On est donc en droit d’imaginer que demain on pourra mieux gérer sa santé individuelle en s’appuyant tant sur une communauté que sur des nouvelles données. Ces informations feront peut-être apparaître les subtils mécanismes qui font qu’on reprend du poids après un régime ou ceux qui contribuent à ces pertes de mémoire qui nous agacent.

En cas de maladie, ils pourront nous être d’une aide appréciable. Ils pourraient permettre aux bipolaires de mesurer leur montée en pic, aux malades du cancer de surveiller les marqueurs ou aux diabétiques de mettre en corrélation leur taux d’insuline avec leur activité quotidienne.

Au niveau collectif, on pourra envisager de nouveaux programmes en mettant par exemple en relation la qualité de sommeil des habitants d’un quartier avec leurs pratiques alimentaires et activités physiques.

Si les perspectives sont nombreuses, la difficulté reste que la quantification de soi est avant tout un geste intime et peu stable, qui ne s’installe pas dans la durée. La pratique s’avère pour l’instant ponctuelle. Elle s’apparente à un diagnostic. L’évaluation effectuée, elle n’a plus de sens.

Enfin des vêtements capteur ou des tatouages électroniques permettront sans doute d’oublier qu’on est en train d’enregistrer ses données. Les mentalités vont aussi évoluer comme l’ont fait avec la géolocalisation. Il y a quelques années, on ne supportait pas l’idée que la technologie permette de nous pister. Aujourd’hui, tout le monde l’est et plus personne ne s’en inquiète.