tomi-ungerer-discriminationDélit de Souriante Gueule.

Afin de permettre aux caméras de surveillance d’identifier des individus présents, des interdictions de sourire ont été mises en place dans les lieux publics dits sensibles comme les aéroports et les gares.

L’interdiction a été justifiée par le fait que le sourire déforme les traits du visage et empêche l’identification des personnes.

Les forces de l’ordre ont été formées à la détection de tous les sourires et en particulier de ce fameux sourire en coin particulièrement déstabilisant pour l’ordre établi.

L’interdiction de sourire va être prochainement étendue à tous les lieux publics et aux entreprises. Ces dernières auront néanmoins l’obligation de garder une pièce pour ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de sourire et même pire de rire.

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LES PREMIERS TRAITS DU DELIT DE FACIES

Si vous refaites votre passeport, l’employé de la mairie peut vous accorder son plus beau sourire pour vous dire qu’elle ne peut pas accepter votre photo car elle est non conforme aux règles en vigueur depuis mai 2006. Désormais, l’expression de votre visage doit être neutre et votre bouche fermée. Outre avoir un faciès de cafard, il vous faut aussi avoir une tête dénudée posée bien droit sur des épaules à la même hauteur, porter des lunettes fines et ne pas avoir les yeux rouges.

Si ces nouvelles normes sont particulièrement contraignantes, elles le sont pour une soi-disant bonne cause : la reconnaissance faciale. Cette technologie identifie les personnes avec des mesures de différents points du visage comme la distance entre les yeux ou les narines. Lorsque vous passez devant la caméra, la machine confirme que vous êtes bien le possesseur du passeport.

Comme, dans le même temps, on assiste à la multiplication des caméras de surveillance, on peut s’inquiéter. Le risque est clairement que les caméras de surveillance fassent le lien avec les fichiers biométriques et identifient toutes les personnes qui se déplacent dans son champ de vision. Après cette première étape, il suffira qu’un jour, une affaire terroriste fasse monter l’adrénaline sociétale pour qu’on applaudisse la décision d’un gouvernement de nous interdire de sourire dans un lieu public. Des impassibles forces de l’ordre dresseront ensuite des amendes pour animations faciales délictueuses. Sachant que si on nous enlève rires et sourires qui sont par essence le propre de l’homme, on deviendra des bêtes, on a des raisons de craindre ce probable futur.