Jargon professionnel composé de mots, expressions et réflexions compressés qui favorise la non-communication.

Le franzip est un langage binaire qui permet tant de dire plus de choses en moins de mots que de parler plus longtemps sans que que l’on vous comprenne.

Pour obtenir du franzip, il faut compresser les mots et expressions et intégrer une dose forte de mots d’origine anglaise.1. Méthode de compression des mots et expressions

  • On utilise des acronymes qui, subissant différentes opérations, obligent à un décodage subtil.
Le ASAP acronyme de as soon as possible qu’il faut traduire par:
« C’est pour hier, donc il vaut mieux que tu passes la nuit à finir le dossier » est devenu AS’P.TTU acronyme de très très urgent est remplacé par UPN (urgent puissance N) que l’on peut traduire par : « Si tu ne vas pas décrocher la Lune sur-le-champ, je ne donne pas cher de ton matricule ».

  • On raccourcit les mots et expressions.
« Tu me fais une propale pour asap, c’est UPN » donne du sens à la demande.
Remplacer propale par proposition commerciale laisserait penser qu’il faut un peu réfléchir avant d’agir. Une déviance que le franzip n’intègre pas.
  • Les verbes font faire la savante économie d’un complément.
On ne dit pas créer un impact mais « impacter » et il est très important d’impacter plusieurs fois par phrase. On ne se porte pas candidat, on ne postule pas à un poste, on canditate. On ne trouve pas une solution, on solutionne.

2/ La langue
Le franzip compresse les cultures en intégrant au minimum un mot anglais sur cinq.

Debrieff remplace compte-rendu interdit en franzip. Et dès qu’on a bougé un orteil, un débrieff s’impose.
Les conférences téléphoniques appartiennent à un autre temps. On se fait une conf call et surtout pour fixer la date de la prochaine.

On ne va pas interroger ou voir ce que font les voisins, on benchmarke. En franzip, copier sur la copie du voisin est bien vu, car cela améliore le challenging de l’équipe.

Finie la division par services, l’entreprise est découpée en BU ou business unit. Même si on est très corporate (On a l’esprit maison… Ou, plus exactement, on ne crache jamais dans la soupe en public) on ne peut s’empêcher de constater que les autres BU sont dirigés par des incompétents. La preuve, leurs opérations de team building ne sont que des fêtes où patrons et employés roulent ensemble sous la table.

L’art de la non-communication

Le franzip a l’avantage d’entretenir une salutaire incompréhension. Contraints de décoder, analyser, décortiquer les propos, les interlocuteurs des franzipiens ne peuvent que secouer la tête en signe d’assentiment.

Si le manager dit à Jim :  » Tu es mon meilleur Bid Manager. Dommage que tu ne fasses pas assez de reporting car cela baisse ton rating. », ce dernier comprendra seulement une fois rentré chez lui qu’il doit faire une croix sur ses primes car il ne colporte pas assez les potins de machine à café.

« Pas de souci, le downsizing n’est pas notre first mover advantage, nous allons surtout reenginerer l’outil de production afin de générer plus de cash flow. «  Ceux qui maîtrisent parfaitement le franzip comprendront qu’il y a vraiment du souci à se faire. On licencie, on fait des économies, finies les primes. Les autres redoubleront d’effort en espérant qu’à la fin de l’année ils auront enfin ce supplément financier qui les récompensera de leurs efforts. Ils seront déçus. Qu’importe, entre temps, ils auront travaillé deux fois plus.Technologies, marketing, politique, publicité, finances… Le franzip a ses dialectes. Si l’on y retrouve toujours le principe de compression-incompréhension, les expressions et mots utilisés sont assez différents pour permettre d’améliorer le processus d’incompréhension.