Le DICO DU FUTUR, un service d’utilité publique ?

PHILOSOPHIE

Une langue meurt si elle n’invente pas de nouveaux mots. Victor Hugo.

Des mots vite nommés

Déferlantes des technologies, évolution des problématiques sociétales (urbanisation, vieillissement, environnement…). Ces nouvelles donnes se traduisent par une avalanche de nouveaux concepts, objets, usages. Ils sont rapidement nommés par des néologismes franglais.

Ce nommage rapide a plusieurs conséquences :

Multiples interprétations


Le concept est interprété de diverses manières. Chacun l’affuble de caractéristiques qu’il a ou pas. Cela favorise tant l’incompréhension que l’exclusion. On se retrouve entre initiés et élimine ceux qui ne maîtrisent pas cette sémantique ésotérique.

Ces mots sont comme des arbres sans racines. Ils ne peuvent produire que des pensées sans sève.

Principes de la novlangue

Nombreuses appellations sont des produits de communicants ou vendeurs et ne correspondent que vaguement à des réalités techniques ou sociétales. Vu l’afflux de ces terminologies abscons, on rejoint les principes de novlangue décrit par Orwell dans son roman 1984 publié en 1949.

L’idée fondamentale de la novlangue est de supprimer toutes les nuances d’une langue afin de ne conserver que des dichotomies qui renforcent l’influence de l’État. Dans ce processus, La double signification des mots dispense de toute pensée spéculative, et donc de tout germe de contestation future. Puisque les mots changent de sens selon qu’on désigne un ami du parti ou un ennemi de celui-ci, il devient évidemment impossible de critiquer un ami du parti, mais aussi de louer un de ses ennemis.

Le processus est similaire avec ces nouveaux mots.

 

Pensées superficielles

Les mots sont les briques de la pensée. Si les briques sont de mauvaise qualité, les pensées sont de même nature. Ce manque de mots ne favorise pas l’approfondissement des échanges et des réflexions. Ils restent à un niveau superficiel et commercial.

D’une démarche archaïque à une démarche collaborative

Un dispositif législatif

En 1996, la loi Toubon instaure la création de commissions spécialisées de terminologie et de néologie. Depuis, dans les différents ministères, des fonctionnaires repèrent les néologismes et tentent de proposer une traduction. C’est ainsi qu’on ne devrait plus parler de hot line mais de ligne d’urgence, une appellation guère appropriée à des échanges qui mettent souvent à l’épreuve notre patience ! Un spin doctor devient un façonneur d’image.
Comme l’adoption d’un mot est un processus totalement démocratique, cette labélisation ministérielle rétroactive est aussi vaine qu’inefficace.

Créer ensemble

La seule solution pour éviter cet envahissement néfaste est de prendre une longueur d’avance en inventant de manière collaborative des mots nommant les usages, concepts, objets émergents ou envisageables. Si le mot est de bonne qualité répond à un besoin, en phase avec les manières de parler, il pourra être adopté.

 

Inventer le futur

Prendre un coup d’avance a un autre avantage. Quand l’on crée un mot, le concept ou la chose qu’il désigne commence à exister. Inventer des mots, c’est donc une manière ludique et accessible à tous d’inventer le futur !

 

1 Commentaire

  1. GOARIN Thierry

    Inventions futuristes.

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