Le vendredi, j’adore. Outre que j’ai les neurones rafraichis par les alizés du week-end, il faut me mettre au clavier pour cogner la lettre du dico du futur. Après un long moment d’incertitude habités par des…

Qu’est-ce que je vais raconter ?… Je n’ai rien à dire…La création est-elle un acte de destruction ? Si l’on ajoute des ailes à un piment, est-ce que cela donne une libellule rouge ?

puis les doigts commencent à remuer sur le clavier.

Aujourd’hui, la bande des dix agités a décidé de vous présenter des « mots tendance ».

Si les espaces partagés de travail  existent depuis quelques années, ils sont depuis quelques temps devenus très tendance. J’en veux comme preuve le nombre d’appels de journalistes ou de travailleurs intéressés dans celui qui m’accueille (Community Space qualifié justement par  le journal Métro comme le plus collaboratif). On parle de ces nouveaux lieux en disant « espace de co-working ».

A la place de ce néologisme bas de gamme, pourquoi pas inventer un nouveau mot. Je propose nomadium en imaginant que demain toutes les entreprises ouvriront leurs portes aux travailleurs indépendants. Pour limiter les déplacements, le gouvernement instaurait en 2012 (rien n’interdit de l’envisager) le 1 % espace libre. Les entreprises de plus de 100 salariés devaient mettre 1 % de leur surface d’habitation à la disposition des travailleurs d’autres entreprises ou verser des sommes permettant la construction d’un local de cette surface.

La semaine dernière, la Fing (Fondation Internet Nouvelle Génération)  nous a fait travailler sur les ruptures potentielles à venir. L’objectif est d’envisager ces bifurcations, émergences, basculements afin de se préparer à leur arrivée. J’ai travaillé sur un scénario intitulé « Posséder, c’est dépassé ». L’idée est qu’une solution face à la crise sera le partage.  On partagera de plus en plus sa voiture, son logement, ses outils, son bout de jardin, son temps, ses compétences professionnelles ou non.

L’essor annoncé de cette consommation collaborative me renvoie sur un mot : distripacité ou capacité supplémentaire disponible qu’une entreprise ou un particulier propose en partage à une communauté. Des entreprises comme La Poste commencent à réfléchir dans ce sens en envisageant le partage de sa flotte automobile.

Dans la logique de la dépossession, on pourra engager des espaceurs. Ces professionnels de l’élimination des objets superflus nous aideront à vider nos appartements. Autour de moi, de plus en plus de personnes ont envie de se débarrasser de leur CD et de leurs livres. Abonnés à des sites comme Spotify, ils les écoutent désormais en ligne et ne les utilisent donc plus. Dans l’élan, ils se rendent compte que les livres prennent de la place et la poussière et qu’ils ne les relisent jamais. Demain, peut-être que « moins de biens, plus de liens » deviendra la devise et que la possession, le patrimoine cessera d’être une valeur positive.

Je vais colorier la dernière tendance en vert avec un mot gratte-jardin ou gratte-ciel comprenant des espaces verts. J’ai été séduite par un gratte-jardin en cours de réalisation dans la ville polluée de Milan ainsi que  par l’installation de serres sur des toits d’immeubles de Brooklyn.

Pour conclure, j’aimerais une fois encore inviter ceux qui ne sont pas immortels à devenir intemporels. Au cours d’une réunion qui aura lieu le 4 novembre dans le nomadium la Cantine, nous imaginerons ensemble la création d’une Académie du futur. Pour en savoir plus et vous inscrire, vous pouvez aller sur Facebook ou sur le site de la Cantine .

Pour préparer la réunion et contribuer à distance, j’ai ouvert un mur de post-it. N’hésitez pas à coller les vôtres.

Futureusement vôtre

Anne-Caroline Paucot

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