Les lecteurs consciencieux se souviennent que dans une précédente lettre j’avais parlé de mon métier de nomin’acteur ou professionnel de la création collaborative de mots…

… (les distraits ou les nouveaux venus peuvent faire un cours de rattrapage en allant sur le blog du dico du futur ). Et bien nombreux sont ceux qui, à l’instar de Monsieur Jourdain, des nomin’acteurs sans le savoir et surtout le vouloir.

On a dans le registre des politiques et autres experts de la « lâchitude » qui nous égratignent les oreilles avec leur bravitude. Des artistes style Lara Fabian qui séduisent les foules avec une toomuchité vraiment « too much ».

Nos managers ne sont pas en reste. J’ai assisté hier à une conférence sur les jeux numériques supports de communication pour les marques. Un des messages à retenir est de ne pas faire des jeux « déceptifs » sinon le joueur va ailleurs  brader son reste de cerveau disponible. La semaine dernière, un Zorro de la tendance parlait de « sucrosité ». Je me suis tordue les neurones pour comprendre que le terme désignait l’impression sucrée d’un produit qui n’en contient pas un gramme.

Les éducateurs effectuent aussi de jolis dérapages. Dernièrement, une instit voulant justifier ses exigences envers les enfants dit aux parents : « Je suis vraiment très « perfectionaliste. »

Si cette création involontaire de mots est assez habituelle, les mots en open-source sont moins fréquents. J’ai découvert leur existence cette semaine avec le mot « machtapour ».  Antoine Sire a proposé ce mot lors d’une émission de l’atelier numérique sur BFM et a créé un site où l’on peut le définir (http://www.machtapur.com/ ) Je trouve l’idée intéressante car elle exploite le principe démocratique du mot qui s’impose uniquement lorsqu’il  est plébiscité par une large communauté.

Si vous avez quelques mots en open-source, n’hésitez pas à les mettre dans le pot commun. Ils pourront servir tant à renommer des usages et concepts qu’à faire gamberger d’autres lecteurs.

Mieux,  si vous habitez Montréal, apportez-les le 15, 16, ou 17 mars. Ces jours-là, on invente, réinvente des mots et dans l’élan le futur. Et si nous sommes assez en forme, ces ateliers permettront de faire tourner le monde au mode ludo-créatif. (Pour les détails de l’invitation sur le blog du dico du futur)

Et je cause, cause de tout et de rien… Mon « aniMotage » serait-elle destinée à cacher l’absence de nouveaux mots ?, demanderont quelques perfides.

Je leur répondrais par une phrase un peu hermétique que vous pourrez comprendre si vous opérez quelques clics : « En arrivant à la télétaria, je constate à mon plus grand désarroi que Franck-Antoine est invité au déjeuner avec nos amis d’outre-Atlantique.

Pour ne plus le voir, j’enfile mes phobettes et envoie une pens’aile à Rose pour la prévenir de cette diminution de mon champ de vision. » Avouez que ce procédé « marketing niveau des heures de réunions brainstorming  avec 10 personnes minimum » est astucieux : au moins un lecteur va effectuer le clic-déclic lui permettant de comprendre que la phrase a un intérêt plus que relatif !

Mais heureusement certains en profiteront sans doute pour aller sur le site 1001 idées.idees.org qui propose aujourd’hui sa 186 ème idée.

Futureusement vôtre.

04/03/2011