Au menu de cette deuxième lettre de l’année, on aura trois mots : nielser, suppition et clicopathie.

Nielser  ou lancer un pavé dans un marché qui crée la sidération et oblige un secteur à changer ses pratiques. Si vous êtes français et avez sorti le nez de votre couette, vous avez compris que le mot est en rapport avec l’annonce de Xavier Niel, le patron de Free. Après quelques jours, la concurrence est tellement déstabilisée par l’événement que les réponses sont de l’ordre de l’agressivité et du mensonge (sur le site une page Facebook et une vidéo trouvées par Niopik)

Free n’est pas la première entreprise à nielser. Il y a quelques années, Google l’a fait aussi. À l’époque, les portails vivaient avec des bandeaux publicitaires. Google a considéré qu’elle gagnerait plus d’argent en pratiquant le 1 pour 1000 plus que 10 pour 100. En d’autres termes, il serait plus juteux de gagner des toutes petites sommes données par un plus grand nombre de personnes. Elle a donc imaginé les addwords (les liens sur la partie droite de l’écran du moteur de recherche. À chaque fois qu’on clique, Google gagne quelques centimes).

Suppition ou dîner composé de soupe permettant de recruter des fonds pour financer un projet. Si j’ai de la fuite dans les idées, j’ai aussi de la suite. Ce mot est en référence à la concrétude ou l’envie de retrouver du concret évoqué dans la lettre précédente.

La suppition est en référence à des dîners mensuels à Détroit. Les convives payent 5 dollars pour déguster soupe, pain, gâteau et écouter quatre porteurs de projet leur présenter leur idée. À la fin, ils choisissent celui qui va empocher les fonds (entre 600 et 900 dollars). Si les sites qui récoltent des fonds pour financer des idées créatives sont légion, cette concrétude me semble particulièrement performante. Il faut sentir les gens pour avoir envie de donner.

Le troisième est clicopathie ou le clic permettant d’entendre penser des autres.
J’ai rencontré cette semaine Alexis Botaya, l’animateur de soon, soon, soon. J’adore ce site. Rien d’étonnant sous le soleil de janvier, car leur démarche est similaire à celle du dico. Pour inventer du futur, il faut au minimum trois éléments.

  • De l’information : Les réflexions doivent s’appuyer sur de l’existant (des innovations, recherches, tendances…) pour ne pas pédaler dans le vide.
  • Du décalé : Dans un monde cartésien, on réfléchit dans le cadre. Il faut des impulsions pour aider à sortir du cadre et accepter que l’imagination soit la meilleure compagnie de transport du monde.
  • Du collaboratif : L’innovation résulte de frottements. La mise en marche des zygomatiques a une influence bénéfique sur la mécanique neuronale.

On retrouve ces trois éléments. L’information est riche. Ils ont de l’esprit et de l’humour. Le site est nourri par un réseau d’éclaireurs.

Sur ce site, un article intitulé : « Demain, on découvrira ce que notre voisin de métro pense » présente la clicopathie en l’illustrant par un minifilm interactif Les Passants du métro où un bouton rouge nous permet d’entendre les pensées des voyageurs du métro. Cette production réalisée par Antoine Viviani provoque quelques frissons. Vu l’avancée des recherches en matière de lecture des pensées, on devra peut-être apprendre à contrôler ses pensées lorsqu’on se promène dans la rue.

Actualité du dico

Dans cette rubrique, je vous invite à inventer les mots de la ville de demain. Des exercices ludiques permettront tant de repérer, inventer, nommer des nouveaux concepts, services, objets. Ces exercices sont basés sur une série d’innovations.

Surtout n’hésitez pas à inviter vos directeurs marketing, innovation, ressources humaines à découvrir cette méthode permettant de faire émerger de nouvelles idées.

L’atelier aura lieu le 25 janvier de 19 heures à 21 heures 30 à la Cantine 12 Galerie Montmartre 75002 Paris. Si vous ne pouvez pas participer, vous pouvez suivre sur Twitter avec le hashtag #dicodufutur.

L’atelier est libre, mais le nombre de places est limité. Vous pouvez vous inscrire en renvoyant un mail à acp@dicodufutur.com

Futureusement vôtre.

Anne-Caroline Paucot

La page Facebook du dico du futur, Twitter : @dicodufutur.