Le 3615 est à l’agonie. Après 30 ans de preux et parfois coquins services, on va enterrer Ulla et la bande du Minitel. Les apôtres de la technologie vont verser une larme sur ce boîtier père ou plutôt « faux-frère » de l’Internet qui a battu des records de longévité.

Au grand cimetière de l’obsolescence technologique, il pourra saluer le télégramme  tué par le  mail ou la machine à écrire mécanique victime des ordinateurs. Il remarquera que le clavier a déjà  creusé sa tombe à cause de la déferlante du tactile.

Dans l’allée suivante, les cassettes audio et vidéo lui feront certainement un signe.  Elles lui feront peut-être regretter cette époque où pendant des heures on retenait son souffle pour réussir à rembobiner la bande magnétique à laquelle on tenait comme à la prunelle de ses yeux.

A l’étage des morts annoncés, il découvrira le CD et même la clef USB bientôt remplacée par le stockage de données dans les nuages. Avant de s’éteindre, on pourra juste espérer qu’il accordera un signe au Kilimandjeteur, l’historien spécialisé dans les objets, usages, habitudes sémantiques victimes des évolutions technologiques ou sociétales

Après avoir versé une larme sur ce passé dépassé, on peut maintenant s’étonner de la vitesse de l’introduction de nouveaux usages. Qui aurait imaginé il y a deux ou trois ans, que des personnalités allaient régler leurs comptes à coups de bananaTweet (Message Twitter peau de banane qui met une cerise sur le gâteau de la haine ordinaire). Ou encore que la suffisance des instagrumes (Courge qui pense faire des bonnes photos parce qu’il utilise les filtres de l’application Instagram) nous ferait soupirer.

Même les cerveaux les mieux connectés auraient du mal à envisager l’arrivée annoncée des applicoacheurs (Conseil aidant dans le choix et les usages d’applications mobiles) avant que feu Steve Jobs eut l’idée de gagner l’argent sur le dos des développeurs. La création de la plateforme a en effet engendré cette profusion d’applications plus ou moins utiles que l’on télécharge sur nos mobiles

A votre fibre créative… Investissez dans la création d’un jeu du dico du futur

 

Dans les champs de nos possibles, il n’y avait pas non plus de fondserie (traduction à améliorer du crowdfunding) ou financement d’un projet par Monsieur et Madame Toulemonde et leurs amis. Le dico du futur, qui n’est jamais en retard d’une aventure, a décidé de tester le principe en recherchant sur Kiss Kiss Bank des fonds pour créer le jeu du dico du futur. On imagine que les afficionados de cette lettre vont se précipiter pour mettre de 1 à 1500 euros dans la cagnotte. En tout cas, n’hésitez pas à être le premier à effectuer cet acte.

Futureusement vôtre.

Anne-Caroline Paucot