Une fois n’étant pas coutume, je vais commencer ma lettre en faisant appel à un ténor, le très sérieux Schumpeter.  Cet économiste autrichien du milieu XXe siècle considérait que les innovations apparaissaient en essaim : après une innovation majeure,  kyrielle d’innovations sont portées par elle.  Notre chantre de la « Destruction créatrice » avait une pensée à obsolescence lente. On constate aujourd’hui que la numérisation, l’innovation de rupture, amène dans son sillage une flopée de nouveaux usages, concepts, objets et aussi métiers.

Si hier, c’était l’époque du « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées », aujourd’hui les vaches regardent passer les trains en se disant que les métiers évoluent vachement vite !

On constate deux types d’évolution :

  • La transformation des métiers

Tous sont touchés, aucun n’est épargné. Des exemples en témoignent.

Comme de plus en plus les étudiants et les chercheurs vont avoir leur bibliothèque dans leur poche (via une tablette ou autre support), les bibliothécaires de demain auront le choix : ou elles se lamenteront sur ce progrès qui ne fait pas de progrès dans des espaces vides ou elles deviendront animatrices de communautés de lecteurs.  Elles changeront alors peut-être de nom en devenant des geemik.

Des professions comme les psychanalystes ou les coiffeurs se sentent épargnés de l’intrusion du numérique. Ils se trompent. Grâce au numérique, on peut déjà consulter à distance. Demain, votre psy se téléportera peut-être via un hologramme et fumera sa pipe derrière le canapé de votre salon. La numérisation permettra aussi l’analyse de tous les discours des patients. Des algorithmes sophistiqués détectant les émotions présentes dans la voix aideront ces algoanalystes dans leur travail.

Les minutes de coiffeurs (de longs moments d’attente) pourront aussi ne plus exister. Dans un avenir proche, on pourra visualiser la tête qu’on aura avec l’une ou l’autre coiffure ou couleur. A partir de là, rien n’interdit de penser que des robots effectueront le travail.  Ils pourront même vous distraire (ou saouler) avec quelques ragots et conversations insipides.

  • L’émergence de nouveaux métiers

Rien n’interdit d’imaginer qu’il existera demain des…

Provatarien : gestionnaire d’avatar professionnel

Mondagiste : Spécialiste de l’embellissement des toits des immeubles afin de les rendre attrayantes vues de haut dans Google Earth.

Dépuciéreur : Technicien qui élimine la poussière intelligente.

Numéropathe : Praticien qui observe, analyse et soigne les dommages commis par l’abus de numérique.

Moucharoboteur  : Roboticien qui détecte et élimine les robots espions proliférant dans l’univers familier.

Kilimandjareteur : historien spécialisé dans les  objets ayant disparu suite aux évolutions technologiques

Couturotechnicien : Créateur de vêtements qui intègrent des composants électroniques permettant d’afficher des messages personnalisés.

Numérrageur : Professionnel qui traite les personnes ayant eu des pertes brutales de données numériques.

Visualiticien : Expert de la visualisation des données numérisées http://www.dicodufutur.org/2011/05/24/visualiticien/

Psychogérontechnologue : Psychologue spécialisé dans le développement de services et technologies procurant du meilleur être aux séniors

Et aussi des percolacteurs. Ces spécialistes du copier-coller intelligent ou de l’adaptation d’idées innovantes repéreront les bonnes idées en allant sur des sites comme 1000 idées qui affiche aujourd’hui 300 idées (N’hésitez pas à proposer les vôtres. Je les accueillerais avec un sourire paquebot versus non Titanic) et les adopteront à la problématique et contexte de chaque entreprise.

Si vous voulez que votre entreprise prenne une longueur d’avance,  engager, solliciter des percolacteurs. Ces experts de l’innovation ne réinventeront pas la roue mais lui donnerait les moyen de tourner mieux et plus vite.

Actualités du dico

Mercredi, j’ai eu mon fameux sourire paquebot non Titanic en  découvrant qu’on parlait du dico du futur sur Canal Plus. Vous pouvez voir cet intermède ludique sur le site du dico du futur.

La lettre du vendredi a envie d’augmenter son nombre de lecteurs. J’offre l’e-book Dico du futur des idées désirables (70 mots pour inventer un monde plus souriant) à ceux qui auront incité trois personnes à s’abonner. Vous m’envoyez leurs mails et je vérifie dans la base s’ils sont inscrits.

Futureusement vôtre Anne-Caroline Paucot