2012-12-22_Futuroscope_MartinSolveig_003Spécialiste des droits des robots

Descriptif du métier

Le légisboteur :

  • Protège les robots contre les abus des humains et des animaux.
  • Examine les dégâts provoqués par les robots. Travail avec des experts pour déterminer la part de responsabilité revenant au propriétaire du robot, au constructeur et au robot lui-même.
  • Rédige et valide les contrats d’union solidaire entre un humain et un robot et gère les litiges du couple.
  • Oblige les constructeurs à modifier les robots et les mettre aux normes de sécurité et de convivialité. Le légisboteur intervient systématiquement lorsqu’un crime a été commis par les robots.

C’est déjà demain

Kate Darling, chercheur au MIT a fait une étude sur la nécessité de légiférer sur les droits des robots.
L’étude part du constat que de plus en plus de robots non utilitaires sont commercialisés pour le grand public. Ces robots « sociaux » prennent des formes familières (chien, enfant…). Leur anthropomorphisme se traduit par des projections empathiques.

Le chercheur pense que plus les robots nous rendront des services dans notre vie personnelle quotidienne, plus la question des sentiments humains à leur égard se posera avec insistance et donc plus il sera nécessaire de légiférer. Il aura à coup sûr des relations intimes entre le propriétaire si un humanoïde est capable de répondre à toutes nos questions, de passer l’aspirateur, de tondre la pelouse et de préparer notre repas.

Pour l’acceptation de cette évolution sociétale, le chercheur s’en réfère aux animaux. Avant 1850 où une loi est adoptée en France pour condamner les mauvais traitements sur animaux domestiques, il était inconcevable que les animaux soient protégés par la loi contre les abus dont ils pourraient être victimes.

Prospective du métier

Les robots vont envahir notre quotidien. Au Japon, comme 20% des gens ont plus de 65 ans , de nombreux robots de compagnie font leur apparition.
On ne pourra pas éviter les accidents, mais aussi des dérives sociétales. On peut craindre par exemple que les personnes âgées seront mis dans des hospices gérés par des machines… On peut aussi envisager que ces robots soient utilisés pour maintenir les gens prisonniers dans leur propre maison.

Demain se poseront aussi des questions que l’on imagine encore peu, sur le rapport des hommes aux robots. Par exemple, peut-on violer un robot, ou être condamné pour avoir eu une relation sexuelle avec un robot prostitué ?

Dans ce contexte, il faudra sans doute envisager un statut juridique adapté, comparable à celui des personnes morales. (La personnalité morale est une construction juridique conçue pour répondre à des nécessités pratiques et faire accéder à la vie juridique des structures qui n’ont pas d’existence corporelle ou physique.) On créera peut-être le statut de personne virtuelle.