photo-lpeManager au mode « déchire ta race » et « teuf des idées »

 

Nous sommes en 2030. Né en Janvier 2000 dans une banlieue parisienne sinistrée, Djamel Leiki a aujourd’hui 30 ans et autant de sociétés créées à son actif.  L’innovation étant l’ingrédient principal de son succès, il nous raconte ce qu’il a mis dans la marmite.

Déchire ta race
Quand tu te lèves le matin, il faut que tu aies envie de déchirer sa race. Tu dois vouloir déplacer les montagnes et en particulier celle qui te cache la vue. Si tu es gris et mou, rendors-toi. tu n’arriveras jamais à créer une entreprise qui cartonne.

Commentaire
Pfizer, Apple, Pixar… Toutes les entreprises innovantes ont été lancées par des individus passionnés. La passion étant contagieuse, ils cultivent et encouragent celles de leurs employés.

La teuf des idées
Il faut que tu fasses en permanence la teuf aux idées. À chaque fois qu’un collaborateur en a une, tu lui payes une mousse ou tu fais sauter un bouchon. Tu encourages et après tu vois si l’idée est bonne. Dans les entreprises des guignols old school, c’est le contraire qui se passe. On critique, on démolit et on transforme l’apporteur d’idée en carpette. Après, il ne faut pas s’étonner. Les carpettes, on peut juste marcher dessus, mais pas compter sur eux.

Commentaire
Si les entreprises mettent l’innovation dans leur priorité, elle n’a dans la réalité que peu de place. La prise de risque et la créativité sont davantage sanctionnées, sous différentes formes (de l’indifférence jusqu’à la mise à l’écart) plutôt que récompensées.

Traiter en artiste
Tes gars, il faut que tu les traites en artiste. Ce ne sont pas des chefaillons qui ont dit à Klein de sortir sa boîte de crayons bleus ou à Miles Davis de composer de « Blue in green ». Il faut que tu leur lâches la grappe et fasses confiance. Il faut pouvoir respirer pour faire sortir son génie.

Commentaire
Par crainte, les managers ne font pas confiance et dans l’élan étouffent souvent la créativité. Si l’objectif est clair et que les travailleurs ont une réelle marge d’autonomie, les résultats sont en général supérieurs à ceux attendus.

Se jeter à l’eau sans bouée
Quand un môme veut marcher, il se lance. Au début, il se prend des gamelles. Pas grave, il retourne vite au charbon. C’est comme cela qu’il apprend. Pour l’entreprise, c’est pareil. Il faut que les collaborateurs puissent se jeter à l’eau. S’ils se noient, no problem, on les repêche et ils replongent. S’il faut leur accrocher une bouée ou un parachute, à chaque fois qu’ils se bougent les fesses, cela devenir supra lourd. Pendant ce temps, nos concurrents auront fait plusieurs longueurs de bassin.

Commentaire
Risquer quelques coups de bâton à cause d’une idée peu orthodoxe s’avère souvent payant. C’est en tout cas toujours plus exaltant que rester dans les ornières des habitudes.

Aérer ses idées
Tu as une idée. Si tu restes dans ta boîte avec des clones, c’est sûr, ils vont te taper sur le dos et trouvez que c’est de la bombe. Tes idées, il faut les sortir de la boîte, leur faire prendre l’air. Il faut surtout taper la discute avec des zozos qui n’ont pas des ciboulots avec la même config que toi. À tous les coups, ils te donneront le plus qui va faire la différence

Commentaire
Think outside the box est un principe élémentaire. Penser en dehors des schémas habituels contribue aux concepts les plus innovants. Il faut humer l’air du temps pour avoir des justes intuitions et détecter les ruptures à venir.

Rejetez les dés

Quand tu joues au dés, tu gagnes pas à tous les coups. Dans le business, c’est le même bastringue. Tu lances un produit et un service, tu regardes si tu gagnes ou tu perds. C’est gagné, c’est top. C’est perdu, tu rejoues et t’es pas tricard pour autant. Comme c’est rare que tu gagnes du premier coup, il faut savoir insister.

Commentaire
James Dyson a testé près de 5.000 prototypes différents avant de mettre au point son aspirateur révolutionnaire.
Les meilleures entreprises donnent leur chance à beaucoup d’idées et oublient très vite les échecs pour refaire rapidement de nouvelles tentatives.

Des embarcations maniables
Djamel et Max sont dans un bateau. Max tombe à l’eau, qu’est-ce qui passe ? Ben c’est selon. Si Djamel est sur un paquebot, il prie pour le salut de son pote. Le temps que le paquebot fasse demi-tour, Max se sera noyé. Si Djamel est sur une petite embarcation, il change de cap, repêche son pote et se prend une caisse ensemble. Pour l’entreprise, c’est pareil. Si tu es trop gros, au premier accident, c’est la cata. En revanche, si tu petit et maniable, alors là, tu peux surmonter tous les coups, voire en profiter.

Commentaire
Le groupe industriel ITW est centenaire et pèse plus de 16 milliards de $ de chiffre d’affaires. La firme réfléchit à petite échelle. À chaque fois qu’une unité opérationnelle dépasse les 100 millions de $ de chiffre d’affaires, elle est scindée en deux plus petites entités ou plus.  Les petites entités sont moins réticentes aux changements et perçoivent plus vite le danger.

Casser les frontières
Quand j’ai monté ma première boîte, j’ai engagé que des cousins de la cité. C’était chamé. On se comprenait même sans parler. Mais le souci, c’est qu’on vendait qu’à des comme nous.  Alors, j’ai recruté des Bacs plus deux, cinq , dix, des blancs, des jaunes, des handicapés. Au début, c’était la gueurre des gangs, mais on finit par apprécier nos différences. Si tu ne casses par les frontières à l’intérieur de ton entreprise, tu es mort.

Commentaire :

La diversité est l’un des ferments les plus efficaces de la créativité. Les équipes homogènes réfléchissent en général toutes de la même façon et se laissent rarement challenger.