Message électronique qui met entre un jour et plusieurs semaines pour parvenir à ses destinataires

Alors que l’instantanéité est la règle sur Internet, un musardeur est un message à diffusion lente. Comme la carte poste d’hier, il arrive entre un jour et un ou plusieurs mois après son envoi.

On trouve deux systèmes de ralentissement de  diffusion des messages :
– Technique : l’ordinateur conserve le message et le distribue de manière aléatoire.
– Humain : l’ordinateur envoie le message à un habitant d’une brousse éloignée de toute civilisation qui, en échange d’une rémunération, doit le renvoyer. Ce système exotique connaît un certain succès car il intègre les aléas de l’humain.

Le musardeur s’affiche plusieurs fois à intervalles non définies. Il permet de renouer avec le passé et s’apercevoir parfois qu’il n’est pas toujours aussi dépassé qu’on le croît.

Le principe de diffusion conditionne le type de message envoyé. Une étude montre qu’ils sont en général bien plus porteurs d’émotions et de bon sens. Les chercheurs concluent que si la vitesse donne du sens à la vie des adeptes de Twitter, elle leur fait parfois perdre le bon sens.


 

Histoire de ralentir la frénésie de communication, Russell Davies a imaginé Dawdlr, un Twitter ultra-lent.
Dawdlr invite des inconnus à répondre à la question « Que faites-vous dans la vie ? », et l’envoyer sur une carte postale. Depuis 2007, il a reçu près de 200 cartes postales présentées sur le site. L’écriture manuscrite, les annotations, les cartes choisies ou bricolées transmettent une émotion que le flux électronique a du mal à véhiculer.

Dans le même esprit, Telegram Stop fait revivre le télégramme d’antan. Il est proposé pour envoyer des messages importants : « Veux-tu vivre avec moi ? STP M’épouser ? STOP Faire des enfants ? STOP Vieillir avec moi ? STOP STOP STOP »

Est-ce une idée désirable ?

  • Oui

Avec l’obligation de communiquer de manière instantanée, le grand perdant est le temps de réflexion. Le média nous cantonne dans la pensée jetable. On écrit et, parfois si on pense, il est trop tard. Avec le musardeur, on redécouvre que tout ce qui est exquis mûrit lentement.

  • Non

Les idées mûres sont blettes avant d’arriver à leur destinataire. Les limitations de vitesse vont ralentir toutes dynamiques créatives. Le musardeur peut contribuer à créer une civilisation de l’attente.

A vous de juger