Procédé utilisé en politique ou en marketing pour créer un état de sidération chez le public visé.

En état de sidération, un être humain n’a plus de réactions propres. Il semble hypnotisé ou plutôt sous l’emprise d’un stupéfiant. Lorsqu’il revient à lui, il manifeste des comportements et émet des déclarations de nature mécanique et répétitive. Ceux-ci sont de nature compulsive et ne peuvent être raisonnés. On a également relevé que, quels que soient les dommages que subit le « sidéré » et dont le sidéracteur est manifestement la cause – de l’excès de mauvais cholestérol à la perte de revenu en passant par celle des cheveux – jamais le « sidéré » n’émet la moindre critique à l’égard du sidéracteur. Sa confiance en lui reste définitivement entière.Il existe de nombreux modèles de sidéracteurs. En fonction des circonstances, on aura affaire à des sidéroucouleurs (le mot se passe de définition), à des sidérupteurs (qui interrompent une prise de conscience néfaste aux intérêts de leurs mandants), ou encore à des sidexcitateurs (qui créent des mouvements collectifs afin de détourner la violence de sa cible initiale). Il y a aussi beaucoup de sidéruseurs, qui se contentent de capter l’attention du public par leurs exploits sportifs ou sexuels. Les plus performants seraient les sidextracteurs qui fascinent les gens au point de leur faire renoncer à leurs attachements et à ce qui fait leur identité. A cette brève énumération, on imagine les grands services que les sidéracteurs ont rendus, rendent et rendront pour l’édification du bonheur tant collectif qu’individuel.

On commence à se demander sérieusement si les sidéracteurs sont des êtres humains aussi exceptionnellement doués que formés ou bien s’il s’agit de robots androïdes d’une ressemblance totale avec l’être humain. Certains ont avancé qu’une telle perfection dans la posture, les mimiques, la gestuelle, le vocabulaire, l’énergie dégagée, n’était pas à la portée d’un être vivant. Curieusement, depuis qu’une étude de l’université de Saint-Barthélémy d’Agenais a été publiée sur ce sujet, on a pu noter que beaucoup de sidéracteurs incorporaient des maladresses dans leurs comportements.

L’opinion qui prévaut aujourd’hui dans les milieux scientifiques est que les sidéracteurs actuels sont un mélange d’humain et de technologie.

 

Le mot et le concept ont été proposés par Thierry Groussin. Si vous voulez en savoir plus sur cet esprit inventif, allez faire un tour du côté de son blog nommé Indiscipline intellectuelle