brocha2sss_23_rotadorQualiticien qui effectue le bilan carbone d’objets dits « verts » et, si nécessaire,  les déqualifient

La planète va mal, il faut la sauver. Tout le monde se met au vert. Profitant de l’engouement de green attitude, le végétal est servi à toutes les sauces.

On fabrique des murs, publicités, tableaux, objets à base de plantes. Cette mode se nomme la végétalite. Comme toutes les modes, cet engouement a son lot d’abérrations comme  les voitures « greenVertes »,  voitures dont la carrosserie est végétalisée, les livres feuilles de chêne (le texte est imprimé sur des feuilles tombées des arbres), les habits taillés dans des feuilles de nénuphar…

Le végétaliticien fait le bilan carbonne de la production de ces objets verts.

Ses missions sont :

  • Repérer les objets dits verts ou non polluants.
  • Calculer l’énergie consommée par la production de ces objets.
  • Montrer du doigt les objets verts voraces en énergie.
  • Accorder le label « Vert-vert » aux objets réellement non polluants.
  • Actualité du mot

Les  péchés du GreenWashing

Le greenwashing (anglais), l’écoblanchiment (français) ou la mascarade écologique (québécois), est le fait de tromper les consommateurs sur les pratiques environnementales d’une société ou les avantages environnementaux d’un produit ou d’un service. » Frédéric Lohier propose les  péchés du greenwashing illustrés d’exemples dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication:
1. Péché du compromis caché : toute prétention indiquant qu’un produit est « vert » mais n’étant fondée que sur un nombre déraisonnablement restreint d’attributs en occultant d’autres enjeux environnementaux importants. Exemple : les publicités d’appareils électroniques dits « écologiques » car économes en énergie occultent le plus souvent l’impact environnemental de la fabrication (énergie grise et pollutions chimiques) et de la fin de vie (le produit est peut -être plus compliqué à recycler et contient des matières dangereuses). Dans l’étude menée par Terrachoice en 2009, 73% des produits évalués sont coupables de ce péché.

2. Péché d’absence de preuve : toute prétention environnementale qui ne peut être étayée par une information facilement accessible, ou par l’agrément d’une tierce partie. Exemple : les équipements électroniques ou informatiques qui avancent « une économie d’énergie de 50% » sans preuve de leur prétention ou agrément.

3. Péché d’imprécision : toute prétention mal définie ou dont la
définition est si vague qu’elle peut prêter à mauvaise interprétation par le consommateur ciblé. Exemple : l’expression « sans substances nocives » ne veut rien dire, selon la quantité, toute substance peut devenir nocive. les expressions « vert, « sans danger pour l’environnement » ou « préserve l’environnement » ne veulent rien dire sans explications détaillées. Nous vous présenteront prochainement l’analyse d’une publicité d’un mobile Samsung concerné par ce péché.

4. Péché de non pertinence : toute prétention environnementale qui, bien que vraie, est inutile ou insignifiante pour le consommateur eco-responsable, le détournant ainsi d’un meilleur choix. Exemple : Les produits qui mettent en avant leur conformité ROHS (avec par exemple un logo comme celui ci-contre aperçu sur une publicité d’alimentation électrique), cette précision est inutile puisque pour commercialiser un produit en Europe, le respect de cette directive est obligatoire depuis 2003.

5. Péché du moindre des deux maux : toute prétention environnementale qui peut se vérifier dans une catégorie de produits, mais qui pourrait détourner l’attention du consommateur sur les impacts environnementaux de l’ensemble de la catégorie. L’exemple que donne Terrachoice est celui de la cigarette à base de tabac provenant de l’aggriculture biologique qui pourrait sous-entendre que le produit est sain alors que globalement la cigarette est nocive pour la santé. Dans le secteur des technologies de l’information, on pourrait citer l’exemple de Microsoft qui, pour la promotion de Windows 7, met en avant ses meilleures capacités de gestion d’énergie, alors que globalement, ce système d’exploitation nécessite un ordinateur 243% plus performant que pour faire tourner Windows XP ou certaines distributions Linux qui suffisent pour un usage bureautique.

6.Péché du faux ecolabel : lorsqu’un produit, par le biais de mots ou d’un logo, veut faire croire qu’il est agréé par un éco-label. Les exemples sont nombreux dans le secteur des technologies de l’information : Fujitsu Siemens avec son label « Green IT » ou encore NEC avec son label EcoGreenIT ou même ECOSustainability.

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Comment identifier le greenwashing ?

  1. Un langage approximatif. Les mots utilisés n’ont pas une signification très claire. Vous savez, vous, ce que signifie concrètement « éco-responsable »?
  2. Des produits verts produits par une compagnie « sale ». Comme par exemple des ampoules à faible consommation produites dans une usine qui polluent des rivières.
  3. Des images suggestives. Des fleurs qui sortent d’un pot d’échappement, vous trouvez ça normal?!
  4. Des revendications hors de propos. Mettre l’accent sur un petit aspect « vert » alors que tout le reste ne l’est pas.
  5. Le meilleur de la classe? Dire que l’on est un peu plus vert que les autres, même si les autres sont catastrophiques.
  6. Juste pas crédible. Qui veut une voiture qui respecte l’environnement?
  7. Du Gloubiboulga! On vous fournit des informations sous forme de jargon, que seul un scientifique pourrait vérifier.
  8. L’ami imaginaire. Labels ou une attestation semblant venir d’une tierce partie, mais ce n’est pas le cas.
  9. Pas de preuves. Ca pourrait être vrai, mais où sont les preuves?
  10. Des mensonges. Affirmations ou données totalement fabriquées.

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