Spécialiste du développement et de la gestion de projets open source.

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Le wikipédieur pratique le wikipédement. Nommé aussi openmanagment, le wiképédement est un mode de management issu de l’expérience de construction de l’encyclopédie Wikipédia. Il consiste à créer une œuvre collective avec les apports de personnes qui n’ont a priori aucun lien. Le principe du Wikipédement est d’assembler les énergies et les compétences sur un projet collectif. Chacun apporte sa brique pour construire un édifice collectif d’ampleur.

Quelques règles du Wikipédement :

  • Plans, détails techniques, secrets de fabriques… Toutes les informations sont accessibles à tout le monde.
  • Le projet a assez de hauteur pour qu’aucun participant ne le perde de vue. Il a une utilité sociale incontestable.
  • La finalité du projet est extérieure aux différents groupes de réalisation.
  • Le projet fédère des intérêts, des savoirs, des compétences différentes et crée des chocs culturels productifs.
  • L’intérêt collectif est supérieur à la somme des intérêts individuels.
  • Le projet concerne au minimum plusieurs milliers de personnes.

Avec cette technique de management, l’accent est mis sur une stratégie souple et globale de développement d’un produit ou service. Chaque équipe travaille dans l’intérêt commun. C’est l’opposé des pratiques managériales héritées du taylorisme qui sont basées sur le séquençage des activités.

C’est déjà demain

L’open source n’est plus le seul apanage du Net.

Trois exemples en témoignent.

Et si les agriculteurs fabriquaient leurs tracteurs, bétonnières, tireuses de lait, générateurs d’énergies !

Cette idée folle a germé, il y a quelques années dans la tête de Marcin Jakubowski. Quand ce docteur en physique nucléaire décide de devenir fermier, il découvre que les frais pour acheter et réparer les machines-outils coulent son exploitation. Il décide alors de les fabriquer lui-même. D’un esprit ouvert, il met ensuite les plans en ligne accompagnés de vidéos explicatives. L’objectif est que tous ses collègues puissent profiter de son expérience pour à leur tour construire leurs machines.

Ce principe pose les bases de l’Open Source Ecoloy. Dans la suite logique, le hacker bulgare Nikolay Georgiev lance l’Open Source Ecology. L’objectif est de réunir designers, ingénieurs, bidouilleurs afin de conceptualiser les plans de  50 machines nécessaires dans un village.

Aujourd’hui, ce « Global Village Construction Set » est en phase de conception. En 2014, les adeptes de l’open ecology fabriqueront les machines dans des fermes-pilotes avant de lancer le projet à plus grande échelle.

WikiHouse est une plateforme open source pour la conception de maisons et d’habitats en tout genre. Il permet à toute personne, y compris les non-professionnels de concevoir une maison avec le logiciel SketchUp (logiciel de 3D de Google) puis d’imprimer instantanément mes éléments architecturaux et enfin de construire sa maison..

Le site Wikispeed rassemble une centaine d’aficionados dans le monde qui participe à la construction de la voiture du futur. Modulaire et modulable, le prototype est encore perfectible mais fonce déjà à 239 lm/h, pour une consommation de deux litres au cent…

Dans le domaine du design, OpenStructures   travaille sur un modèle de construction modulaire. Chaque designer crée des pièces utilisables pour fabriquer des sièges, des tables ou autres objets. Comme les briques de Lego, toutes les pièces doivent être compatibles entre elles.

Prospective

Hier, des travailleurs apportaient leur brique pour construire des cathédrales. Aujourd’hui, d’autres en posent pour bâtir des encyclopédies, des logiciels, des voitures, des maisons. A chaque époque, ses chefs d’œuvre.

Si le Wikipédement est freiné par la difficulté d’envisager une rentabilité financière, la liste des entreprises qui adoptent cette pratique s’allonge et les esprits commencent à faire changer les esprits. Une fois que le saut quantique mental effectué, d’autres y viendront. Elles comprendront assez rapidement que le génie de milliers, voire millions de personnes peuvent déplacer les montagnes.

Ils pourront alors permettre le développement des projets peu ordinaires comme la construction de la D’ché Tour , un tour de 400 mètres de haut. En unissant le talent et le temps de 40 000 personnes, cette tour a permis le recyclage de milliards de tonnes d’ordures ménagères. Ou encore la Tyrolienne du monde. Dans tous les coins du monde, des amoureux du voyage et de leur planète ont assemblé les nano tubes de carbones qui ont permis la mise en place de ce circuit aérien non polluant.